‹ Magasin théâtralChapitre 424 sur 1377 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

AURÉLIE, ALPHONSE

AURÉLIE

Pourquoi vous éloigner?

ALPHONSE

Qu'attendez- vous de moi , Hors ma démission de mon nouvel emploi? Quand on sent qu'on déplaît, il faut qu'on se retire. Je le fais, je m'éloigne et j'échappe au martyre De prouver sans espoir à des yeux prévenus Un zèle malheureux qui n'est qu'un tort de plus.

(Lui présentant un papier.) Cette démission renferme mon excuse.

AURÉLIE

Toujours celle qu'on offre est celle qu'on refuse.

( Elle déchire le papier.)

Je ne l'accepte pas.

ALPHONSE

Ah! de grâce , arrêtez !

Mes efforts n ont pas su répondre à vos bontés. Pour tant d'emplois divers je sens mon impuissance : Militaire d'abord, marin par circonstance, Secrétaire au conseil , à Malte commandeur... Madame , au nom du ciel , que suis-je ? AURÉLIE-

Ambassadeur.

ALPHONSE

Maintenant ?

AURÉLIE

Sans délai , je vous charge de dire. .

ALPHONSE. Il s'approche de la table.

Veuillez dicter, madame , et je m'en vais écrire : Je serai sûr alors qu'aucun mot indiscret D'un reproche nouveau ne me rendra l'objet.

AURÉLIE , l'arrêtant au moment où il prend la plume. Non ; cette défiance est aussi trop modeste. A part.)

Parlez : ce qu'on dit passe et ce qu'on écrit reste.

( Haut.) Je ne puis voir votre oncle...

ALPHONSE

Eh quoi !

AURÉLIE

Vous sentez bien Quels soupçons ferait naître un semblable entretien.

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