‹ Magasin théâtralChapitre 454 sur 1377 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

AKÉBAR, IDAMORE.

IDAMORE

Votre message a droit de me surprendre; A cet excès d'honneur j'étais loin de m'attendre. Vous souhaitez me voir, vous, seigneur! et pourquoi.' Pontife du Très-Haut , que voulez-vous de moi?

AKÉBAR, à part.

De quel œil ce profane insulte à ma présence !

( A Idamore. ) Contre ma faible voix vous vous armez d'avance; Vous apportez sans doute à ce grave entretien Un cœur aigri, blessé, bien différent du mien; Vous le connaissez mal.

IDAMORE

Il a changé peut-être.

Pour moi, je suis le même, et je veux toujours l'être; Juste, mais inflexible.

AKÉBAR.

Ainsi votre fierté Prend le mépris des lois pour l'austère équité. Ce bras, qui les détruit, met la force à leur place, N'écoute de conseils que ceux de son audace. Un vainqueur tel que vous se croirait avili S'il n'affectait l'horreur de tout ordre établi. Vous laissez le vulgaire accorder à l'usage Ses aveugles respects et son servile hommage: Mais vous!...

IDAMORE

De mes avis le sacrilège orgueil Du temple oîi vous régnez a-t-il franchi le seuil? L'a-t-on vu s'arroger quelques droits despotiques Sur vos rites secrets, vos pieuses pratiques? Content d'y présider, laissez, laissez mes mains Se charger du fardeau des intérêts humains. Soyez plusqu'un mortel, j'y consens, si nous sommes, Vous le dernier des dieux, moi le premier deshommes.

AKÉBAR.

Poursuivez , Idamore; il est digne de vous

Page 1