DAM0RE, ALVAR, GUERRIERS
IDAMORE
Eh bien ! m'accorde-t-il la grâce que j'implore.'
ALVAR
J'ai couru du côlé que regarde l'aurore ; J'ai repris au couchant les plus étroits sentiers, Et , suivant dans son cours la source des palmiers Jusque sous les rochers où se cache son onde, J'ai des plus noirs détours percé la nuit profonde. Mais leur obscurité n'offre de toutes parts Que des abris trop sûrs qui trompaient mes regards. Lui-même, que troublait ma recherche inquiète, Eût craint par un soupir de trahir sa retraite, Ou, d'un soin curieux vers le peuple poussé , Dans la foule en secret s'était déjà glissé.
IDAMORE
Il se croira trahi ; son attente déçue De ces apprêts cruels ne peut prévoir l'issue. Dieux ! s'il allait d'un mot renverser mon dessein , Aux pointes de leurs dards s'il présentait son sein!
ALVAR
Ah! gardez qu'on entende, ou que votre visage N'explique vos discours par son muet langage.
IDAMORE
Peut-être tes soupçons à tort m'ont alarmé ; Zarès dans son asile est encore enfermé. Tu l'as dit : il craignait d'affronter ta présence; A la voix de son fils il rompra le silence. Je cours l'instruire, ami...
ALVAR
Que voulez-vous tenter ?
L'élite des guerriers ne vous doit plus quitter, Et du titre d'époux le pompeux privilège De leur foule à vos pas enchaîne le cortège.
IDAMORE
Gloire importune, Alvar, honneur infortuné, Qui fait d'un chef du peuple un captif couronné! Je maudis, mais trop tard, ma noble servitude. Demeurons... Je succombe à mon inquiétude. Je hâte de mes vœux et voudrais différer L'instant que mon amour doit craindre et désirer.
Voilà donc l'union où j'attachais ma vie, Que mes ardens soupirs ont longtemps poursuivie ! Je courais la former, je me croyais heureux ; Le plus beau de mes jours en est le plus affreux.
ALVAR
En vain sur d'autres bords j'ai cru fuir ma sentence , Entre nous l'Océan mit en vain sa dislance; Le courroux du Seigneur, pour un temps suspendu , Jusque sur mon ami s'est enfin répandu. Malheur à moi !
IDAMORE
Cruel , votre injustice ajoute A l'horreur de mon sort le remords qu'il vous coûte. Laissez-moi des chagrins que j'ai seul mérités. Combien de droits jaloux , que d'orgueils révoltés Se vengent tôt ou tard sur celui qui s'élance Hors du rang où le ciel a caché sa naissance. Au faîte des grandeurs pour tomber parvenu , S'il trompe il doit trembler, périr s'il est connu. Remplissons mon destin. Mais Zarès! ô justice! De l'erreur que j'expie il n'était pas complice. On vient; c'est Néala. Ce bandeau nuptial N'est-il , pour tant d'attraits, qu'un ornement fatal?
H 4 ♦*♦*♦**♦*♦♦♦»* + ♦*♦♦* J.it + ti**ii*it*i* + + J. + iiit 4-**
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