‹ Magasin théâtralChapitre 477 sur 1377 · DEUXIÈME BRAME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME BRAME

Toi , qui peuplas les airs d'immortels habitans, Suspendis sous leurs pieds les orbes éclatans ,

Et dont le bras faisait s:gne à la foudre; Pour créer l'univers et le réduire en poudre, Que te fallait-il ? deux irisions

TOUT LE CHOEUR

Le voilà donc ce jour d'épouvante profonde ! Par la voûte des cieux l'air n'est plus contenu , A la terre attaché le feu lutte avec l'onde. O Brama , ton jour est venu !

UN BRAME

Entendez- vous ces cris funèbres ?

Les démons ont ouvert leurs gouffres embrasés, Et les morts, arrachés de leurs tombeaux brisés. S'interrogent dans les ténèbres.

UNE VOIX, parmi le peuple.

Pontifes du Très-Haut , parlez , quel repentir Doit trouver grâce pour nos crimes ?

UNE AUTRE

Quels dons exigez-vous ?

UNE AUTRE

Quel sang ?

UNE AUTRE

Quelles victimes?

LA PREMIÈRE

Éteignez , éteignez la flamme des abimes , Qui s'ouvrent pour nous engloutir!

LE PARIA.*-* ACTE IV

CHOEUR DU PEUPLE

Ministres saints, quel repentir Doit trouver grâce pour nos crimes?

PREMIER BRAME

Interrogez ce dieu , si longtemps méconnu : Terrible , il vient s'asseoir sur les débris du monde : Vous nous demandez grâce ; il vient , qu'il vous réponde ; Jl vient , pécheurs, il est venu !

UN AUTRE

Aux pieds d'un juge inexorable Tremblez, intrépides guerriers!

Évanouissez-vous , vains titres , vains lauriers ,

Gloire impuissante du coupable ; Devant l'éternité, qui commence pour tous, Évanouissez-vous , Immortalité périssable !

UN AUTRE

Des célestes jardins ils francliiront le seuil ■ , Ceux qui nous secouraient dans notre humble indigence; Ceux qui, sans la juger, devant notre vengeance

De leur raison ont abaissé l'orgueil , Des célestes jardins ils franchiront le seuil.

PREMIER BRAME

Les concerts des élus publieront leurs louanges : Entrez , dira le chœur des anges,

0 vous, d'un dieu de paix les enfans bien-aimés; Que les flots d'un lait pur et les vins parfumés,

Que les fruits bienfaisans vous offrent leurs prémices: Pour nourrir de vos feux les doux emportemens,

1 Sonnerat.

Que mille objets (barmans A vos sens inondés d'ineffables délices Offrent d'éternels alimens.

CHOEUR DU PEUPLE

O purs ravissemens !

SECOND BRAME

Mais vous, que Dieu maudit, vous, que l'enfer réclame ', Sur des fleuves glacés et des lorrens de flamme , Sur le tranchant du glaive à jamais étendus ,

Fleurez, pleurez, enfans rebelles :

Pareils aux noirs esprits que l'orgueil a perdus,

Avec eux pleurez confondus

Dans des souffrances éternelles.

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