‹ Magasin théâtralChapitre 483 sur 1377 · ACTE Y · texte numérisé non relu

ACTE Y

Par tes dieux, par toi-même, au nom de la tendresse,

Des respects dont ta fille honore ta vieillesse...

AKÉBAR, attendri.

Ma fille!

ZARÈS

Au peuple ému montre son souverain.

D'un regard de tes yeux brise ces cœurs d'airain ; Arrache-leur mon fils; viens, courons sur sa trace : Le fer tombe à ta vue et ton front porte grâce; Viens, parais, ou du moins ne me refuse pas Le bonheur douloureux d'expirer dans ses bras.

AKÉBAR.

Sainte horreur de l'impie, affermis ma constance ! . . Non, je ne puis des dieux révoquer la sentence.

S'ils existent tes dieux, tremble dans ton amour; Le coup qui m'a frappé doit t'accabler un jour : Puisse de ton enfant l'irréparable perte Te laisser dans le cœur une blessure ouverte , Où tous les plaisirs vains , dont tu voudras jouir. Comme au fond d'un tombeau, viendront s'évanouir! Puisses-tu , de toi-même éternelle victime , Entasser les honneurs sans combler cet abime ; Et pauvre au sein des biens , faute d'un bien si doux, Morne au milieu du bruit, seul au milieu de tous, Trouver, sur le sommet de tes grandeurs stériles. Un plus affreux désert que ceux où tu m'exiles !

AKÉBAR.

Si je t'épargne encor, rends grâce à mon serment... Mais demeure, Empsaël t'apporte un châtiment. ZARÈS ; il tombe sur le banc , abîmé dans sa douleur. Ciel!

Page 1