‹ Magasin théâtralChapitre 485 sur 1377 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Lui, des derniers aecens de sa voix sacrilège, Bravait a chaque pas son funèbre cortège : «Ilatez-vous, criait-il, quel brame ou quel guerrier «Se réserve l'honneur de frapper le premier?» Puis passant près des lieux où du haut des murailles Son bras armé pour nous semait les funérailles : « Choisissez , a-t-il dit , pour déchirer mes flancs , «Ces rocs , dont j'écrasais vos ennemis tremblans ! » Le peuple s'en indigne, et sa prompte justice Pour ce crime nouveau cherche un second supplice, Le trouve, et dans son cours soi-même s'irritant, Au massacre d'Alvar prélude en l'insultant. Idamore s'arrête à leur voix menaçante:

Déjà les plus hardis reculaient d'épouvante, Quand mille bras vengeurs sur lui de toutes parts Font pleuvoir les débris dans la poussière épais. Un nuage s'élève , il s'ouvre , et la tempête Éclate sur son sein , siffle autour de sa tête... 11 défend son ami , l'embrasse, oppose en vain Au coup, qui cherche Alvar, sa poitrine et sa main ; Ce chrétien sans fureur, qui succombe et qui prie , Sur le signe impuissant de son idolâtrie Attache un œil d'amour, l'invoque , et radieux Tombe aux pieds d'Idamore en lui montrant les deux: Seul debout , l'insensé , faible et presque sans vie, Lève à travers l'orage un front qui nous défie, Protège encore Alvar, pâlit , tombe accablé, Et le couvre en mourant de son corps mutilé.

AKÉBAR.

Je n'ai plus de rival et ma fille me reste !

EMPSÀEL.

Mais une femme accourt, elle approche, elle atteste,

Sur ces membres flétris qu'ont dispersés nos coups ,

Qu'elle aimait Idamore et qu'il est son époux.

J'ai profané, dit-elle, un divin ministère.

Pour vous j'offrais au Gange un encens adultère;

J'ai trahi son hymen , j'ai violé mes vœux,

Et j'attends de vos lois le prix de ces aveux.

L'infidèle à ces mots dans les traits d'Idamore

Cherche et ne trouve plus l'image qu'elle adore,

Pleure , et sur son visage , à ce spectacle affreux ,

Ramène avec effroi son voile et ses cheveux.

Les brames, par mon ordre, entourent la coupable.

De l'exil , qui l'attend , l'arrêt inévitable

Doit signaler ici votre juste courroux.

On murmure contre elle , on s'attendrit sur vous ;

Vo js-même frémirez quand vous l'allez connaître.

Lf peuple la devance, et je la vois paraître.

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