PAOLO, THÉCLA, LUIGI, MARCO
THÉCLA
Mon fils!
LriGi.
Ah ! mon frère !
THÉCLA
Seul bien Qu'au ciel je demandais!
LUIGI
Mon Paolo !
THÉCLA
Le mien , Le mien , qui m'est rendu !
LUIGI
Doux retour! que de charmes Je goûte à te revoir!
PAOLO
Où suis- je ?
THÉCLA
Sous les larmes, Les baisers maternels.
LUIGI
Dans le sein d'un ami.
THÉCLA
Parle-moi.
Réponds-nous.
UNE FAMILLE AL TEMPS DE LUTHER
PAOLO
No vivant qu'à demi , [se, Chancelant sons le poids d'un bonheur qui m'oppres- Puis-je trouver des mots pour en peindre l'ivresse !
LUIGI
Nous te regrettions tant !
THÉCLA
J'ai tant gémi sur toi !
paolo, à Thécla.
Moi , sur vous l
THÉCLA
Je n'étais que malheureuse.
PAOLO
Et moi , J'étais coupable?
LL'IGl.
Non.
THÉCLA, froidement, à Paolo.
Vous plaindre est-ce une offense?
Je vous plaignais de même ; est-ce un crime ?
LUIGI , vivement.
Je pense Que nous avions aison de nous plaindre tous trois ; L'absence est si cruelle !
• THÉCLA
Ah ! c'est vrai.
marco , à part.
Cette fois Il a paré le coup.
THÉCLA
Grâce à la Providence, Tu trouveras ici la gaîté, l'abondance, L'union.
MARCO, à part.
Qu'elle y reste !
LUIGI
Oui , tout m'a réussi, Frère , j'ai prospéré.
THÉCLA
Mais c'était juste aussi ; Dieu protège les siens.
PAOLO
Comment, les siens?
LUIGI
En père Il nous protège tous.
Cependant l'un prospère ; Mais l'autre...
PAOLO
On le châtie ?
LUIGI
Eh ! de quels torts ?
PAOLO
Pourquoi ?
THÉCLA
Je m'entends.
PAOLO, prenant la main de: son frère.
L'un et l'autre ils ont la même foi.
THKCLA.
Qu'à l'esprit qui s'obstine un jour le ciel pardonne ! C'est mon vœu.
PAOLO
Comme un jour au cœur qui l'abandonne , C'est le mien.
THÉCLA
Pour l'aveugle à quoi sert la clarté ?
PAOLO
A qui poursuit l'erreur que fait la vérité?
L'erreur !
PAOLO
L'aveuglement !
MARCO, à part.
Ah ! la voilà partie!
Le démon de Luther se met de la partie.
LUIGI
Ma mère , Paolo , ne pensons qu'au bonheur D'être unis tous les trois dans la paix du Seigneur.
THÉCLA, à Paolo, avec effusion.
Unis, toujours unis, en priant l'un pour l'autre! Oublions tout... Ta main !
LUIGI, en la mettant dans celle de Tliiïcla.
Elle cherchait la vôtre.
THÉCLA, à Paolo.
Embrassons-nous, mon fils , et de bonne amitié. Je vous quitte ; Marco ne fait rien qu'à moitié :
(A Marco.) J'aurai du soin pour deux. Que le foyer pétille ; Grand feu! fête au logis et banquet de famille ! Après un si long deuil que la joie ait son tour, Puisque l'Enfant prodigue est enfin de retour.
MARCO, bas, en riant, à sa maîtresse.
Fausse comparaison, maîtresse; car j'estime Qu'il n'a pu, n'ayant rien, manger sa légitime.
THÉCLA , sévèrement.
Respect à l'Écriture ! en rire , c'est pécher.
MARCO
Bon ! Dieu fera le sourd pour ne pas s'en fâcher.
Silence! et suivez-moi.
MARCO , à part, en s'en allant.
Le premier choc fut rude ; Mais quand de disputer ils auront l'habitude...
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