LE HL'C 1) YORK
GLOCESTER
Bientôt.
LE DUC D'YORK
Non, fixe/, la journée.
Bientôt, c'est quand on veut, c'estun mois, une anné't
GLOCESTER
Un siècle.
LE DUC D'YORK
En attendant, milord , on peut mourir.
Elisabeth , vivement.
Le ciel nous en préserve !
glocester , an duc d'York.
Attendre, c'est souffrir, N'est-ce pas?
LE duc d'york.
Eh bien, quand?
GLOCESTER
De ses vœux l'enfant presse Ce tems, dont l'âge mûr accuse la vitesse.
le duc d'york.
Enfin, quand donc ?
GLOCESTER
Rientôt.
ELISABETH
Milord, asseyons-nous.
LE DUC DYORK.
Ma mère a son travail, et moi sur vos genoux.
ELISABETH
Vous abusez, Richard !
glocester, au duc d'York qui veut descendre Restez !
LE DUC D'YORK
Oh ! non, j'abuse
ÉLISABETn.
Ne faites pas le lier : on vous souffre.
glocester , à la reine.
11 m'amuse Elisabeth , à Glocester, Le roi vous marque-t-il l'heure de son retour?
glocester.
Mais nous devons ce soir l'embrasser à la Tour.
le duc d'york.
A la Tour ! et pourquoi ?
glocester.
Je m'en vais vous le dire Si mon neveu lisait tout ce qu'il devrait lire, Instruit d'un vieil usage, il saurait que toujours Les rois avant leur sacre y passent quelques jours.
LE DUC d'tORK.
I Mais c'est une prison.
les enfaws d'Edouard.
GLOCESTER
Qui n'attristcpersonne, Quand ou en doit sortir pour ceindre une couronne.
LE duc d'york.
Mon frère, en la quittant, va donc gouverner ?
JLOCESTER.
Non.
ELISABETH
Tant qu'on n'est pas majeur on n'est roi que de nom.
IX DUC d'ïOKK.
J'en voudrais le pouvoir, si j'en avais le titre.
GLOCESTEK.
A treize ans, de l'état uiiloi d serait l'arbitre ?
LE DUC DYORK.
Oui, milord.
GLOCESTER
Des enfans qui courent sur le port, Nous ferions pour la guerre une armée à milord.
le duc d'xobk.
Il n'en est pas besoin : milord pourrait, j'espère, Compter sur les soldats commandes par son père.
clocesteb.
Ils sont vieux pour milord.
le duc d'ïork.
Milord se ferait vieux.
GLOCESTER
Et comment, s'il vous plaît?
le duc d'york.
En combattant comme eux.
GLOCESTER
Voilà des sentimens dignes d'un diadème !
LB DUC D'TORK.
Mais celui qui le tient le défendra lui-même.
llci , à part.
Bien dit !
Elisabeth.
Et de son front qui voudrait l'enlever ? Lord Glocester est là pour le lui conserver.
GLOCESTER
Que vous me jugez bien ! An pe'ril de ma vie, Vous le prouver, ma sœur, est un sort que j'envie.
le duc d'tork.
Votre beau cheval blanc, que souvent j'admirai , Vous me l'avez promis ; donnez : je vous croirai.
ELISABETH
Vous demandez toujours.
glocester , au duc d'York.
Il est à votre grâce ; Mais saurez-vous au moins le conduire à ma place ?
LE DUC DTORK.
Tout jeune que je suis, mieux qu'un autre à vingt ans.
GLOCESTER
Mauvaise herbe est précoce et croît avant le tenis : Le proverbe dit vrai.
LE DUC D YORK
Voilà pourquoi je gage ,
A quelqu'un que je sais l'esprit vint avant l'âge.
elisabbth , à Glocester. Parlons du roi, niilord.
glocbster , au duc d'York.
A qui donc ?
LB DUC d'ïORK.
A quelqu'un,
GLOCESTER
Mais enfin?....
ELISABETH
Certain duc va se rendre importun-, Et je le renverrai.
GLOCESTER
Non pas : laissez-le dire ; Sa malice m'enchante et me fait beaucoup rire.
ELISABETH
Vous le rendez, milord, trop libre en le gâtant.
Bas.
Il est un peu malin ; mais il vous aime tant!
GLOCESTER
Et moi donc !.... cher enfant. Il faut que jel'embrasse. Si jamais celui-là ment à sa noble race !....
Et son frère !
ELISABETH
Son frère est aussi mon espoir.
Qu'ils prospèrent tous deux, et que je puisse voir Ces rejetons chéris d'une tige si belle. Ces deux roses d'York fleurir sous ma tutelle.
ELISABETH
Eh bien! protégez-les; qu'ils vous soient toujours chers. Eux, comme tous les miens : la main de lord Rivets Sur le lit d'Edouard serra deux fois la vôtre ; En veillant sur mes fils, aimez-vous l'un et l'autre !
Ici on entend quelque rumeur sous les fenêtres.
un crieur public, en dehors.
« Jugement et condamnation de lord Hastings, pair du royaume , atteint et convaincu du crime d? haute trahison. »
le duc d'ïork.
Hastings !.... grâce, mon oncle !
ELISABETH
Il aimait cet enfant-
GLOCESTER
Le lâche avait trahi celle qui le défend. Force de le punir, j'eus peine à m'y re'soudre ; Mais je vous aimais trop, milady, pour l'absoudre.
LE CRDSUR PUBLIC.
u Arrestation de lord Rivets, conduit de Nort-Î » hampton à la forteresse de Pomfret , par ordre d » duc de Glocester, régent du royaume. »
Qu'entends-je?
Qu'a-t-il fait ?
ELISABETH
LE DUC D'ïORK.
Lord Rivers !
glocester, en riant.
Oh! lui; c'est diflVrcnt.
ELISABETH
glocester, de même.
Rien
Voila son crime.
ÉUSABETn.
Encore?...
GLOCESTER
Il est votre parent ;
ELISABETH
Eli 'jiK.i ! vous faisait-il ombrage?
GLOCESTER
A moi? lui ?.. sans témoins, j'en dirai davantage. En 1 embrassant bientôt vous me rcmcrcîrez ; 11 le fera lui-même.
lr nue d'york.
Ab ! vous nous rassurez.
A son fibj. A m-^ femmes.
Va jouer. Laissez-nous.
le duc d'york, à Gtocester.
Tenez votre promesse, Et vous rirez de moi, si je manque d'adresse
GLOCESTER
Le petit e'cuyer pourra tomber de haut.
le duc d'york.
Petit ! et vous anssi, vous raillez, ce défaut ! 4llez, d'autres que moi pécheraient par la taille, Si l'on mesurait l'homme au cheval de bataille.
GLOCESTER
Vraiment !
A part.
LE DUC D YORK
Adien, bel oncle !
GLOCESTER
A revoir, bon neveu !
Quand ils ont tant d'esprit, les enfans vivent peu.