‹ Magasin théâtralChapitre 533 sur 1377 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

ELISABETH, LE DUC D'YORK , pais BUC- KINGHAM.

Elisabeth , au duc d'York.

N'êtes-vous pas honteux

le duc d'york , après s'être assuré que Glocester est parti

Victoire! il se retire?

e champ d'honneur me reste.

ELISABETH

Etes-vous en délire ?

le duc d'york , s' élançant dans ses br-as. Victoire! embrassez-moi : votre Edouard vivra.

EISABETII.

Menacait-on ses jours? /

le duc d'york , courant chercher Buclnngham. Milord vous l'apprcndr5*

Accourez, cher cousin. Ai-je du caractère? Répondez.

BUCKIJVGHAM.

Noble enfant !

ELISABETH

Quel est donc ce mystère?

Le duc de Ruckingham !

LE DUC D'YORK

Qui vient vous découvrir Qu'a la Tour... il a dit : mon frère allait périr... Nous périssions tous deux ; mais comment , je l'ignore. Et moi... pauvre Edouard!... M'en voulez-vous en-

[core?. ..

Pardon!... pour le sauver, je n'avais qu'un moyen : Il vit... Mais je me trouble et ne vous apprends rien : Parlez, parlez, milord!

ELISABETH

De grâce ! car je tremble.

BUCKINGHAM

Si vos lils a la Tour passent une heure ensemble Us sont perdus !

ELISABETH

Pourquoi ?

BUCKINGHAM

Ne m'interrogez pas :

Fuyez !

Moi !

ELISABETH

BUCKIiVGHAM.

Loin d'ici précipitez vos pas , Vous et le duc d'York.

ELISABETH

Chez moi que peut-il craindre?

BUCKINGHAM

A le livrer vous-même on pourrait vous contraindre-

A le livrer, milord ! qui le viendra chercher? Lui ! mon fils ! de mes bras qui pourra l'arracher? Qui donc? Mais, par pitié', qui donc?

BUCKINGHAM

La force ouverte, Les complots , un parti qui conspire leur perte.

ELISABETH

Glocester le connaît ce parti dangereux : Ce qu'il fit pour Rivers , il le fera pour eux.

BUCKINGHAM

Pour Rivers !

ELISABETH

Ah! milord , vous pâlissez !

BUCKINGHAM

Non, reine; Non... , cru plutôt je cède au zèle qui m'entraîne : Je pâlis, mais pour vous; je pâlis d'un danger, Que le régent...

ELISABETH

Eh bien! il va les protéger.

LE DUC D'YORK

Ma mère , il vous trahit.

ELISABETH

Lui!

LES ENFANS l) EDOUARD.

BUCKINGHAM , vivûmCnt.

Ce (!' nie l'offense :

Croyez qu'il s'armera pour prendre leur défense; Il le doit.

ELISABETH

Le veut-il?

BUCKINGHAM

Reine... c'est son devoir.

Mais fuyez , hâtez-vous , et je cours le revoir. Gagnez de Westminster l'asile inviolable : Jamais aucun parti , dans sa haine implacable, Jamais , dans son orgueil , aucun pouvoir humain Jusqu'au fond de ses murs n'osa porte la main.

Ils sont accoutumes à voir couler mes larmes :

Au duc d'York.

Loin de mon noble éponx qu'avaient trahi ses armes, Ton frère , à la lueur de leurs pâles flambeaux ; Poussa ses premiers cris au milieu des tombeaux. Que les mânes des rois , témoins de sa naissance , Après l'avoir sauve , recueillent ton enfance .' Courons : pour te frapper sur mon sein maternel, On n'insultera pas nos prêtres , l'Eternel , Les ombres des he'ros que pleure l'Angleterre , La majesté' des cieux et celle de la terre. Viens...

Se retournant toul-à-coup vers Buclingham , et fondant en larmes.

Mais , mon Edouard, je l'abandonne , lui ! Qui le protégera ?

BUCKINGHAM

Comptez sur mon appui.

Que tout reste secret ; gardez qn'uue imprudence N'informe Glocester de cette confidence.

Si contre vos enfans il n'a rien médité , (Et de son dévoûment vous seul avez douté), [dre; En courant vous chercher , je reviens vous l'appren- Mais s'il vous a trahi , reine , il faut nous défendre .

Unir nos partisans , et de sa trahison, Les aimes à la main, lui demander raison.

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