DIANE, LA BARONNE, CLARA
Clara entre en] rmtfj Ah ! ah! ah !.. Bonjour, matante, bonjour, ma , sœur...
Séraphine vient de me dire. .. Ali !ah!ah!
L\ BARONNE. De quoi ris-tu donc?
CLARA. De vous voir sur le point de pleurer. .<• Ah ! ah !..
LA «ABONNE, a Uiani . Qu'est-ce que je (liais?., depuis qu'elle est veuve!., rien n'égaie et n'endm < it une femme comme le veuvage.
(Elle rentre chez elle.)
CLARA-, niuijiirusc. Allons, allons, ma chère Diane, un peu de raison , de philosophie... te ne sera rien... la médecine d'ailleurs a fait de si grands progrès...
DLANE, Tu railles?. . lune mecomprends pas... laissons cela. Comment trouves- tu Saint-Mand'' .'
Ci.AiiA. Arrivée d'hier , je n'ai encore eu le teins de rien voir : je me lève.
diane. J'étais sure que tu nous reviendrais bientôt. Tu as beau dire , la solitude est une triste chose , et lorsque tu quittas Paris, il y a un mois, pour aller t'euterrer dans ce petit village de Saint- Jean , à dix lieues de la capitale , sur les bords de la Seine, je savais bien que tes projets de réclusion ne tiendraient pas contre les souvenirs du monde.
Clara. Eh bien ! tu te trompes , Diane, je me plaisais beaucoup dans ce village, fort triste en effet, où je ne connaissais personne, où je n'ai ni donné ni reçu un bonjour... ce monde dont tu me parles, je l'avoue, je l'aime, oh ! je l'aime! je l'aime trop, vois-tu. Les bals , les concerts , les fêtes , les spectacles , les cercles d amis où l'on cause , où l'on raille , où l'on discute , où tout le monde a de l'esprit, les uns en par-, lant, les autres en ne disant rien, tout cela me plaît, m'amuse, me charme ; je trouve que la vie n'est que là, partout ailleurs on meurt ou on est mort.
DIANE. Singulière contradiction ! tu aimes le monde et tu y renonces ,. et tu dis en même tems que tu te plaisais dans ta solitude des bords de la Seine; il faudrait être bien fin pour expliquer tout cela.
CLARA. Je vais te l'expliquer sans finesse: tu sais que le colonel de Champenau a rendu les plus grands services à mon pèr«?