‹ Magasin théâtralChapitre 566 sur 1377 · I-K M AU AS IN 1UEAIMI · texte numérisé non relu

I-K M AU AS IN 1UEAIMI

diame. Eh bien ! voilà un caractèie soutenu !

CLARA. Je le vis passer et repasser sous mes fenêtres , et, pendant plusieurs jours, il fit connue à Paris ; mais il n'osa ni m'écrire , ni nie parler, à cause sans doute de l'indignation inquiète qu'il remarquait en moi , peut-être aussi à cause de mes deux femmes de chambre qui ne me quittaient pas un instant.. Toutefois, je crus, un jour, remarquer de loin, entre elles et lui, quelques signes d'intelligence, et, le jour même j'écrivis à un vieux cousin du voisinage de venir me trouver; il vint, je donnai congé à mes deux femmes' de chambre qui retournèrent dans leur pays , et le vieux cousin m'accompagna dans un petit voyage, que je fis durer quinze jours... Enfin, me voici à Saint-Mandé, et j'espère bien que ce monsieur aura perdu ma piste.

diane. Pauvre jeune homme! et tu as le cœur de le désespérer?

CLARA , souriant. Et le colonel , ma chère?

diane. C'est un homme très-honorable assurément , mais sa franchise ressemble beaucoup à de l'impolitesse ; il gronde toujours... puis, cinquante ans passés.

Clara. Oui , sans doute , il est comme ton mari, il n'est pas jeune , sur tout pour notre époque où les adolescens prétendent qu'à trente ans un homme n'est plus bon à rien.

(Canon lointain.)

DIANE, se levant. Ecoute! écoute!

CLARA , se levant. Qu'est-ce que c'est?

DIANE. Il y a aujourd'hui école du canon dans le bois de Yincennes, au polygone , le colonel nous y conduit ; j'attends la vicomtesse et la générale.

clara. Ah ça! mais n'avez-vous pas peur?...

DIANE. De quoi?

Clara. D'avoir peur ?

diane. J'aime la peur, moi!... viendras-tu avec nous ?

CLARA. Non , ma sœur , je suis trop fatiguée, et ensuite, quoique je craigne beaucoup le bruit du canon, je crains encore plus de rencontrer ce jeune homme au polygone. Voici quinze jours que j'ai le bonheur de ne plus le voir. Si cela pouvait durer!... Du reste, je prendrai mes mesures. Ta maison est jolie, ton jardin vaste et agréable ; je ne sors pas d'ici de deux mois ; il faudra bien , quand il ne me trouvera plus, qu'il prenne son parti, qu'il suive une autre femme , puisqu'il paraît que c'est son état.

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