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VENPUÉ, LA VICOMTESSE, \A GE- NERALE, LA CHAMPENAU, BARON- NE, DIANE

Vë.\pré , a port. Ah! bon, voici un auxiliaire qui m'arrive.

(Il aborde le colonel et lui parle.)

LA VICOMTESSE. Il faut nous hâter, on pourrait prendre nos places.

LA baronxe. Elles sont retenues.

LA géxér\le. Oui, mais le peuple est si mal élevé.

DIANE. Hier, on en a vendu une cent francs à la femme d'un ambassadeur.

LA générale. Ça les vaut.

CHAMPENAU , ^avançant à V improviste.

Certainement , le double d'une première de face à la Comédie-Française, pour voir jouer Molière.

DIANE. Ah! monsieur le colonel , êtesvous des nôtres? ce serait bien aimable!...

venpré, lias ùChumpcnau. Moquez-vous un peu d'elles.

:II reprend sa place.)

CHAMPENAU. Je viens prendre votre sœur pour la conduire au concert. Elle a besoin de distractions ; depuis six mois elle n'est plus la même. Quant à la cour d'assises , je n'y paraîtrai jamais, que contraint par la force armée.

(Ici des femmes de chambre portent dei manteaux; Ici» dames s'ajustent.)

la générale. Mais c'est le rendez-vous du beau monde.

CHAMPENAU. A l'exception de vous , mesdames, moi je trouve fort laid le beau monde qui se rend là.

DIANE. Le colonel est en verve.

LA baronne. Et que dirait-il donc , s'il savait que , dans deux mois, lorsque nous serons de retour de notre voyage à Berlin , mon frère , le capitaine de vaisseau , doit nous conduire à Toulon , nous faire visiter le bagne?

LA générale , moqueuse. Que diriezvous , colonel , si vous saviez cela ?

CHAMPENAU , gracieusement railleur. Je dirais, madame la générale, que vous avez vu condamner tant de coupables, que vous serez là en pays de connaissance. ( Litre des dames.) Oui, oui, riez, mesdames, et puis étonnez-vous que le peuple, imitant l'exemple des hautes classes, s'empresse avidement à ces tristes spectacles, y endurcisse son aine , et y contracte des mœurs inquiètes et farouches, des habitudes hasardeuses qu'il applique ensuite à la politique, et

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qui compromettent le repos et arrêtent le progrès des sociétës.

DIANE. Mesdames , nous arriverons trop tard, si vous voulez écouter jusqu'au bout la satire du colonel,

Cil ampenau. Je m'arrête , madame la marquise, et vous offre la main jusqu'à votre voiture.

DIANE. Au bal , j'espère , vous serez plus galant?

CUAMPENAU. C'est qu'un bal est la réunion des plus aimables femmes , et qu'on s'attend à vous trouver là.

LA GÉNÉRALE, enflée. Merci, colonel.

DIANE. Marquis, venez-vous avec nous?

venpré. J'attends mon ami de Grantois ; il est malade, il est triste... il a besoin de consolations... nous allons l'aire une partie d'échecs.

GERMAIN, paraissant du fond. Les chevaux sont attelés.

CUAMPENAU , offrant la main à deux dames. Eh vite ! Eh vite ! mesdames , que je vous traduise en cour d'assises.

( Venpré' offre la main à deux antres dames , et les conduit jusqu'à la porte d.i fond.)

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