‹ Magasin théâtralChapitre 602 sur 1377 · SCENE y] IL · texte numérisé non relu

SCENE y] IL

VENPPKE , pris DIANE.

VENPRÉ,. v?«/. Un chapeau !.. d'homme !.. n'importe !.. je vais tout mnuaiirc... je vais savoir à quoi m'en tenir... je ne clouterai plus... tant mieux !... Le doute est une chose horrible !... Tandis que lorsqu'on

est sur on prend son parti , on lâcné.,.

Mais si j'éclate, si je... Les femmes ont tant de présence d'esprit , surtout en amour... La marquise ne me croit plus ici, peut-être. . Elle vient pour entrer dans ce pavillon... cachons-nous dans celui-ci. ( // désigne le pavillon de étoile. ) Et , de celte fenêtre... courons !... je ne peux pas marcher. . .

(11 entre dans le pavillon de droite.) DIANE , regardant autour d'elle. Le marquis est parti, Séraphine veille àcelte porte. ( Porte du fond à gauche. ) Et Clara retient le chevalier de Grantois... Je vais donner à cet infortuné ses dernières instructions sur la manière de se conduire avec le général. ( Ventprti paraît à la fenêtre du pavillon.)

VENPRÉ , toujours à paît , tant qu'i' rrs'e à la fenêtre. Elle parle seule... écoutons.

diane. Pauvrejeunehomme !. .. comme il est repentant de ce qu'il a fait!... mais bientôt il sera hors de danger. J'ai tort de le plaindre ; je voudrais le haïr , en me rappelant son crime...

VENPRÉ , à part. Il y a eu crime !...

DIANE. Mais lorsque je songe que ce crime est l'ouvrage d'un amour exalté...

VENPRÉ , saisissant quelques mots. Amour exalté, je crois...

DIANE. Est-ce ma faute , si , depuis quelque teins , rien ne m'attache , rien ne me plaît?

venpré. Je n'entends pas bien.

DIANE. J'ai besoin, chaque jour, d'émotions plus fortes; il me faut de l'extraordinaire , de l'inouï.

venpré. C'est clair , mon cœur ne lui suffit plus.

DIANE. Du reste, que ce sentiment de pitié qu'il m'inspire soit caché au fond de mon cœur.

VENPRÉ. Elle parle de se cacher au fond de quelque chose.

DIANE , frappant à la port" du pavillon de Léon. Ouvrez ! ouvrez ! monsieur.

"VENPRÉ. Monsieur!., voilà l'explication du chapeau d'homme.

L ÉON , DI A N E , Y E N PUÉ, toujours, à la feuêti e.

léow Ah ! c'est vous, madame î...

di\ne. Il es* décidé (pie nous partons demain.

/.ÉO\. Je le sais, votre sœur me l'a dit.

VENPRÉ. Ah! le monsieur du chapeau partait avec elle !...

diwe. Je viens pour vous tracer le rôle que vous avez à jouer en présence du général.

LÉON. Je passerai pour son secrétaire.

VENPRÉ. Quelle infamie!

diane. Il est convenu que vous êtes le fils d'un officier de marine , mort au service de Napoléon.

LÉON. Je veux bien.

VENPRÉ. Abominable intrigue!... si je pouvais voir le scélérat.

(Il cherche à voir et ne le peut , à cause d'un oranger qui s'élève h sa droite.)

diane. C'est le moyen de le disposer en votre faveur... Ensuite , pour le détourner d'un fâcheux examen, parlez-lui toujours de son idole, de son empereur.

LÉON. J'ai lu Victoires et Conquêtes et M. Las Cases.

venpré. Faire servir l'empereur au triomphe d'un amour criminel !...

diane. Nous partirons à midi. Tenezvous prêt. Le marquis à cette heure sera chez son avocat, il m'aura fait ses adieux.

VENPRÉ. Oui, comptez là-dessus!

DIANE. Un fiacre viendra vous prendre , et vous conduira chez le général. Vous serez sensé arriver d'Orléans , descendre de la diligence. Le général vous attend.

LEON. Avec quel zèle, madame, vous vous intéressez à mon sort! ^ ous avez bien voulu prendre pitié d'un criminel.

(Venpré s'essuie le front.)

VENPRÉ. Eh !

diane. Pitié , oui , les malheureux ont droit à la pitié , mais tâchez à l'avenir de modérer l'impétuosité de votre aine ... Ne vous mettez plus dans le cas d'avoir besoin d'un semblable pardon, car la récidive serait impardonnable...

venpré. La récidive!

LÉON. Je vous promets tout ce que vous voudrez. Maintenant, madame, vous avez le droit de tout exiger de moi.

DIANE. C'est bien.

venpré. Elle trouve que c'est bien!...

DIANE. Tout est convenu... séparonsnous... mon mari n'a pas le moindre soupçon.

VENPRÉ. J'ai mieux que ça , madame !..

DIANE. A demain, donc.

LÉO\. A demain.

VENPRÉ. A demain!... (Diane se relire , Léon rentre dans le pavillon.) C'est clair !... plus d'incertitude... plus de nuages... plus d'obscurité... la lumière la plus éclatante.'... enfin je suis sûr de mon fait.

(Venprc quitte la fenêtre ; Grantois paraît, il est suivi h son insu par Clara qui l'épie avec une sorte d'inquiétude ; elle se cache derrière la caisse d'un oranger.)

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