SCÈNE XVI
LA GÉNÉRALE , LA VICOMTESSE , GRANTOIS, UN OFFICIER DE PO- LICE, LA BARONNE, LÉON, CLARA, VENPRÉ, DIA.NE, SÉRAPHINE.
LA BARONNE, entrant, au commissaire.
Monsieur, monsieur, point de bruit, point d'éclat : votre intervention n'est plus nécessaire. {Regardant Léon avec un peu de dédain.) Monsieur est innocent : la justice connaît le vrai coupable.
GRANTOIS. Comment savez-vous?..
la baronne , à tous. Je sors à l'instant de chez notre cousin le conseiller où j'ai trouvé le président de la cour d'assises ; il venait de recevoir une lettre du ravisseur de Lodoïska : ce jeune homme s'est dénoncé lui-même, et s'il ne l'a pas fait plus tôt, c'est qu'il n'a su que depuis quelques jours, par les papiers publics, qu'on allait condamner un innocent. Il est à Londres , à l'hôtel des ambassadeurs...
GRANTOIS. Avec ma femme?
i Signe affinnatif de la baronne.)
la baronne. Il se nomme Ernest de Mon ti val.
LÉON, vivement. Un de mes amis ! la veille de l'événement , j'avais mis une carte chez lui.
(Le commissaire de police parle b?s à Grantois, qui lui repond par signes qu'il est dispose a faire ce qu'il demande ; le commissaire sort avec ses agens; Grantois l'accompagne jusqu'à la porte.)
IN PROCES CRIMINEL
LA GÉNÉRALE, à Léon Comment! monsieur, vous nous avez jouées, vous n'étiez pas coupable?
LÉON, sourit et s'incline. Hélas! non, madame.
LA GÉNÉRALE, furieuse. C'est une indignité !
DIANE, dédaigneuse. Il se vantait!
VENPRÉ, bas à Diane. Oui, mais ce dont il ne s'est pas vanté, ce que j'ai découvert, c'est que ce jeune homme vous aime, et que vous...
Clara, bas à Venprè. Erreur ! dans quelques mois il sera mon mari.
(Venprè s'étonne. Clara lui parle bas pour le convaincre de l'innocence de Diane.)
GHANTOIS , revenant , tire un calepin dé sa poilu-. Vous avez dit, madame la baronne, Ernest de Montival, en Angleterre, à Londres, hôtel des Ambassadeurs ? (Il écrit.) Elifin, enfin, j'ai l'adresse de ma femme !
CLARA , à Venprè épanoui. Eh bien ! jaloux , avez- vous encore des soupçons?
VENPRÉ. Qui ? moi ?.. (// Diane lui prenant la main.) Chère amie!.. Mais c'est égal, désormais je retranche des plaisirs de ma femme les séances de cour d'assises... et je conseille à tous les maris d'en faire autant .
,V. B. J'autorise les directeurs de province à retrancher , à défaut d actrice pour le remplir, un des petits rôles de femme ; et à modifier la décoration du troisième acte selon les exigences du théâtre.
(l.'AlTI.UR.)
FLN
IMPRIMERIE DE Ve DONDEY-DCPRE , RCIE «AI NT- LOUIS, N° 46, W MARAI
UN MARIAGE D'AMOUR