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SCÈNE II

PIERRE, BERTRAND, CHARLOTTE entrant par une porte latérale.

Charlotte , reconnais-tu ce luron-là ?

CHARLOTTE

Ah!... c'est Pierre!...

BERTRAND Eh oui ! mon lilleul , qui revient de la guerre, à ce qu'il dit.

CHARLOTTE

Oh! je suis charmée...

BERTRAND

Vois-tu , Charlotte , Pierre va rejoindre son régiment à Paris , et je lui ai dit : 11 faut que tu déjeunes avec nous.

CHARLOTTE

Certainement ., mon père , vous avez très bien fait.

PIERRE

Madame, c'est que je suis bien mal équipé pour déjeuner avec vous.

CHARLOTTE

Comment donc, monsieur Pierre , est-ce que c'est là une raison ?

BERTRAND

C'est bien , Charlotte , tu es une brave fille. Pierre, dis-moi , quel vin veux-tu à ton déjeuner ?

PIERRE

Ça m'est égal ! Mon Dieu , le meilleur.

Va, sois tranquille!... Et le café, et le petit verre... tu vas voir. (// sonne.) C'est comme ça qu'ils viennent. (.1 un domestique qui entre.) Dites donc, monsieur , Michel, vous prierez le cuisinier de nous faire à déjeuner pour trois.

LE DOMESTIQUE

Est - ce que monsieur le comte revient aujourd'hui ?

CHARLOTTE

.le ne crois pas : mais c'est monsieur qui déjeune avec nous.

LE DOMESTIQUE

Ah/... monsieur?

CHARLOTTE

Oui, et dépêchez - vous , je vous prie. Monsiem Pierre, asseyez -vous donc : vous devez être bien las.

PIERRE

Oh ! j'ai de bonnes jambes.

BERTRAND

A propos ! moi qui oubliais que je dois remettre en état les pistolets du commandant!... Pierre, cause un peu avec Charlotte : je ne tarderai pas à revenir.

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