SCÈNE XVI II
LA BARONNE, BERTRAND; LE COMTE, entrant par la porte du fond ; il est blesse1 au liras, et s'appuie sur BERTRAND et sur PIERRE , qui place un siège au milieu du théâtre ; CHARLOTTE, LA COMTESSE.
CHARLOTTE
Ah!... mon mari!
LA COMTESSE
Mon fils !
LA BARONNE
Du secours! du secours! Un chirurgien!
BERTRAND
Pas tant de bruit ; il n'y a pas de danger : le camarade n'en est pas quitte à si bon marché ; il a une jambe cassée.
LA BARONNE
Comment ? et pourquoi ?
BERTRAND
Dam! le commandant aura voulu châtier cet insolent qui se sera moqué de Charlotte.
LA COMTESSE
Hélas ! j'en tremblais !
LE COMTE , assis.
Ce n'est rien , ce n'est rien ; tranquillisez-vous.
CHARLOTTE
Mon Arthur!... Dieu! comme il est pâle î... 11 va perdre connaissance !... Malheureuse que je suis !
LA COMTESSE
Laissez-moi , laissez-moi secourir mon fils.
CHARLOTTE
Oh ! ne me repoussez pas.
LA COMTESSE
Retirez-vous.
CHARLOTTE
Non , non!... c'est à moi de le soigner.
LA COMTESSE
Malheureuse !... c'est vous qui l'avez tué.
CHARLOTTE
Ah!...
BERTRAND, qui a |>aiisé la blessure.
Eh ! je vous dis qu'il n'y a pas d'inquiétude pour sa vie.
LA BARONNE
Il ouvre neveux.
LA COMTESSE
Mon fils !
Ma mère!... (Ils s'embrassent.) Charlotte!
CHARLOTTE
Oh! pardonne-moi! pardonne-moi !... Je suis cause.. . Ah ! n'y a pas de bonheur possible entre nous.
LE COMTE
Que dis-tu ?
CHARLOTTE
Arthur, votre cœur, je peux le deviner souvent ; mais vos idées , je ne peux pas les comprendre!... Je vous fais honte !... J'ai exposé tes jours !...
LE COMTE
Charlotte!...
CHARLOTTE
Cette blessure... cette blessure...
BERTRAND
Soyez donc tranquille : ce ne sera rien.
PIERRE, à part.
Comme elle souffre !
LA BARONNE , à part.
Il a rougi d'elle !... son règne est passé !