‹ Magasin théâtralChapitre 647 sur 1377 · BERTRAND, PIERRE, MADAME DETOUR, MONVAL, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

BERTRAND, PIERRE, MADAME DETOUR, MONVAL, CHARLOTTE

MONVAL

Je n'ai pu passer devant l'hôtel de madame la comtesse sans éprouver le désir desavoir de ses nouvelles. Pardon, madame, si je me présente de si bonne heure.

MADAME DETOUR

C'est lui... Est-ce que M. de Monval ne me reconnaît pas ?

MONVAL

Eh ! mais, c'est madame Dutour.

MADAME DETOUR

Moi-même. Il y a bien longtemps qu'on ne vous a vu. Dire que monsieur n'entrerait pas dans mon magasin quand il passe rue aux Ours!

MONVAL, souriant.

Mais c'est que je ne passe jamais rue aux Ours.

CHARLOTTE

Monsieur de Monval, mon mari esl sorti; vous auriez peut-être désiré le voir ?

MADAME DUTOUR

C'est joli , monsieur, d'oublier ses anciennes connaissances. Ah ! je vois ce que c'est : vous êtes surpris de me trouver dans cette belle hôtel?... Mais puisque je suis sa parente.

MONVAL, souriant,

La parente de l'hôtel ! Je sais que vous êtes la cousine de madame , et croyez que mes égards...

MADAME DUTOUR

Qu'est-ce (pie c'est que toutes ces siinagrces-là ?

UN MARIAGE D'AMOUll. — ACTE III

va

Est-ce que vous avez oublié nos parties de campagne avecFanny et Malvina?

MONVAL , embarrassé.

Je n'ai rien oublié , je vous assure.

MADAME DUTOUR

Cette pauvre Malvina! elle a eu une inclination malbeureuse ; elle a voulu se périr... elle était si sentimentale !.. . Fanny se porte toujours bien... Ma cousine les a bien connues aussi.

CHARLOTTE , à part, jetant un flacon qu'elle tenait.

Je suis au supplice.

PIERRE

Madame Dutour!...

MADAME DUTOUR

Qu'est-ce que vous faites donc, ma cousine? Voilà qui est soigné... mais c'est mal de ne pas prendre tous ces articles-là chez moi ; vous auriez meilleur marché , et tout aussi bien établi.

CHARLOTTE , avec impatience.

C'est mon mari...

MADAME DUTOUR

11 faut lui dire d'acheter à la maison : il vaut mieux que les profits soient dans la poche de sa cousine que dans celle d'une étrangère.

CHARLOTTE , à part,

Qu'elle me fait souffrir !

PIERRE , à part.

Pauvre femme!... Venons à son secours. {Haut.) Père Bertrand, puisque madame la comtesse a la bonté de se charger de ma lettre , si vous voulez venir avec moi , je vous la remettrai.

RERTRAND.

Tu as raison , Pierre , il ne faut pas perdre de temps.

PIERRE

Madame Dutour, si vous sortez , je vous offre mon bras.

MADAME DUTOUR

Ah ! je vous remercie, et je profiterai de votre offre. Je vas terminer une affaire , comme je vous l'ai dit , ma cousine , et je serai ici dans une heure au plus tard. Je verrai donc ce qu'on appelle la bonne compagnie : c'est sans doute l'endroit où l'on s'amuse le mieux ?

MON VAL

C'est celui où Ton s'ennuie de meilleure grâce.

MADAME DUTOUR

Allons . Pierre, donnez-moi votre bras.

RERTRAND.

A revoir, ma fille ; je reviendrai t'apporter la lettre.

CHARLOTTE

A bientôt, mon père.

MADAME DUTOUR

Sans rancune, monsieur de Monval. A tout à l'heure, cousine.

PIERRE

Recevez tous mes remerciements, madame la comtesse.

CHARLOTTE

Adieu , Pierre : nous nous reverrons.

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