SCÈNE PREMIERE
LE COMTE , seul , assis et pensif.
I ne séparation!... oui, elle est nécessaire : cette situation est insupportable. Ah! ma pauvre mère avait raison!... elle est morte en m'annonçant ce qui arrive , et peut-être mon mariage a-t-il abrégé le peu d'années qui lui restaient à vivre. Depuis deux ans mie je suis l'époux de cette jeune fille qu'elle repoussait, ai-je été heureux?... Oh! non : elle me lavait dit : sans les mêmes goûts , sans les mêmes idées , les mêmes habitudes, il n'y a point de bonheur dans l'intimité !... Fatigué de cette disconvenance perpétuelle, j'ai eu des torts!... et, quand il fallait rentrer, l'ennui de voir une femme triste , pâle et qui a pleuré !... Et son père ?. . . Us ne disaient rien ni l'un ni l'autre ! . . . Mais quel silence!... j'aurais mieux aimé des reproches!... comment repousser ce muet désespoir qui m'accuse?... Malheureuse Charlotte!... depuis un an qu'elle connaît mes torts envers elle , à peine si nous avons passé une heure ensemble !.. . sous le même toit, nous vivons étrangers l'un à l'autre; qu'avonsnous à nous dire?... Ah ! son père dit vrai : il faut que cette situation change.
( Il appuie sa tète dans ses mains. )