SCENE VI
LANDINI, MÉRULA, entrant dans le salon après avoir laissé leur arquebuse en dehors.
LANDINI , entrant avec précaution et fermant la
porte et les croisées du fond.
Voici l'instant fatal.
MÉRULA, aijilé.
Rencontre désastreuse!
LANDINI.
Pour rentrer chez son père il faut que par ici Marianne passe.
MÉRULA.
Enfer! damnation!
LANdini, éteignant les flambeaux.
Voici ! Qui mieux que ces habits nous sert et nous dé-
| [guise
1 Guise m'a reconnu ...!
LANDINI.
Que parles-tu de Guise?
MÉRULA.
Eh! ne l'as-lu pas vu, de son regard perçant. Deux fois sous cet habit m'observer en passant' i II m'a reconnu.
LANDINI.
Lui... d'où peux-tu le connaître?
MÉRULA.
Eh ! de Naples un jour ne fut-il pas le maître?
LANDINI.
Ah ! oui ! ce jour fameux où, par lui révolté, Le peuple aux Espagnols reprit sa liberté.
MÉRULA.
C'est alors... je ne sais quelle belle furie • A moi me prit aussi de servir la patrie;
CHRISTINE A FOMTAIJNKULËAU
Je fis le généreux... et j'allai comme un fou Tuev vingt Espagnols dont je n'eus pas un sou. LANDINI.
Quelle partie!
MÉRULA.
Oui, Guise alors la perdit belle.
Mais, trahi par la France, il s'enfuit en rebelle ; Et moi, pour tout l'honneur que je m'étais acquis, Tout bas je gagnai Rome, où, grâces au marquis...
landini, hésitant et secouant la tête.
Diable!
MÉRULA
As-iu peur?
LANDINI, hésitant.
Non; mais c'est une peccadille, Après ces grands exploits, d'enlever une tille. Puis...
MÉRULA.
Hein !
LANDINI.
Quand pour la gloire on expose ses jours, Passe... mais...
MÉRULA.
Hein!
LANDINI.
Je dis...
MÉRULA.
Ce que tu dis toujours Est d'un lâche et d'un sot; écoute, voici l'ordre.
LANDINI.
L'infâme enragé! rien ne l'en fera démordre.
MÉRULA.
A travers la forêt le carrosse conduit Avec Marianne ici doit rentrer cette nuit.
C'est l'ordre du marquis.
MÉRULA.
Mais au coin de la route Où notre homme, demain, interrogé, sans doute, Dira qu'il nous a vus passer, et qu'au grand trot Nous allions vers Paris... moi, je reste.
LANDINI.
Ah ! c'est trop, Et moi, je...
MÉRULA.
Toi, dont rien n'a trahi la figure, Tu ramèneras seul Marianne et la voiture.
LANDINI.
A travers la forêt, seul, je n'en ferai rien ;
Non.
MÉRULA.
Si...
LANDINI.
Non...
MÉRULA.
Aussi sûr que je suis bon chrétien, Qu'aucun sbire d'Espagne ou brave d'Italie Ne tient de son poignard la lame aussi polie; Aussi vrai qu'il n'est pas au monde un bras humain Qui puisse par la force en désarmer ma main, Tu le feras!...
LANDINI, à part.
L'infâme...
MÉRULA.
Eh ! mais je te conseille De te plaindre. Et sais-tu, moi, qu'il faut que je
[veille Souvent toute la nuit pour venir recevoir Les ordres du marquis , sans qu'on puisse me voir ; Courant par tous les temps, en tous lieux, à toute
[heure, Et changeant tous les jours de nom et de de-
[meure?
De Paris, ce matin, à pied je suis venu. Enfer!... Et maintenant me voilà reconnu. Maisj'y pense en effet...
A part.
Oui, la retraite est suret
A Lamluu.
Dis au marquis pourquoi je prends cette mesure. Demain je lui ferai dire au juste où je suis.
A part.
Le tour sera plaisant pour l'ermite.
LANDINI.
Poursuis.
Fais-moi pendre.
MÉRULA.
Eh ! pleureur, le trépas te délivre Du tourment de trembler.
Je veux trembler et vivre, Et vivre longuement.
MÉRULA.
Eh ! tu devrais rougir. ..
Mais je l'entends.
LANDINI.
Jésus!
MÉRULA.
Allons, il faut agir.
Il lire le nicuc'noir, le masque.
J'ai le mouchoir, le masque... et toi... LANDINI, montrant chaque objet à mesure qu'on les nomme.
J'ai la lanterne.
La clef de la porte?
Oui.
LANDINI.
Oui.
MÉRULA.
Celle de la poterne?
LANDINI.
Vile en place.
ftlérul
cuti*
la porte île la reine, etLandiuiee met près de celle du fond.
IVVWI\\VU\V*\A\VVVV\VV\VV\V\V11V>AV\V\VVVVVV\\\\V\V\.VVVV\\\V