‹ Magasin théâtralChapitre 671 sur 1377 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

CLAIRET, au bras de Simon, ' & àlencieux et observant tout d'un air moqu,< Usé de corps et la tête agitée ; SIMON , froment vêtu , portant une petite lanterne.

clairet, sur la porte.

Voilà comment se fait le service.

simon, dont Clairet a quitté le bras, au fond.

Où sont donc Les gardes d'intérieur?

CLAIRET

Tout est à l'abani De ce jeune étoumeau fêtant la bienvenue, Leurs officiers la-bas boivent sans retenue. Lcssoldats font comme eux.

SIMON

Vous faites bien, ma foi !

De venir au-devant de Marianne.

CLAIRET

Pourquoi? SIMON.

11 lui faut pour rentrer passer devant la porte Où tous cesofficiers s'enivrent.

CLAIRET

Eh! qu'importe?

SIMON

Ils ont tant bu! le vin conduit on ne sait où.

CLAIRET, aigrement.

Aucun vin n'en peut rendre aucun d'eux assez fou Pour qu'il ose d'un mot. d'un geste ou bien d'un S'adresser à ma tille. [signe

SIMON

Oui, certes.

CLAIRET

Je m'indigne Lorsque je vous vois tous sans colère essuyer Leurs airs, et ceux surtout de ce grand écuyer.

SIMON

Monseigneur le marquis... lui?

CLAIRET

Grand-écuyer, le dis-je.

A part.

Monseigneur le marquis ! ces noms ont un prestige.

Avec colère, à Simon.

Baron, comte, marquis! ces noms sont donc bien t simon. [beaux?

Pardon, monsieur Clairet.

CLAIRET, avec humeur.

Rallume ces flambeaux.

A part, pendant que Simon allume les hougies éteintes.

Et ma Marianne aussi... j'ai compris sa tristesse, Quand sans la regarder il passe avec vitesse; Puis, s'il lui vient parler, son heureux embarras... Un Monaldeschi... non...

A Simon.

Toi, tu l'épouseras.

SIMON

Je crains que bien long-temps mon attente ne dure. Je suis si peu de chose !

CLAIRET

Oui, certes, ta roture Est d'étage à ne pas te laisser espérer Qu'un maître bien servi daignera te titrer. C'est ce que je veux.

SIMON

Quoi! vous...

CLAIRET

Un marquis, un comte.

CHRISTINE A F0NTA1NEBLEA1

Crois-moi, ce soir, ici, j'en aurais à bon compte;

Je sens le riche, ils ont bon nez.

SIMON

Mais je n'ai rien.

CLAIRET

'lui, Simon... roturier... vilain... homme de bien.

SIMON, avec un peu d'affectation.

do la reine, enfin, je suis le secrétaire.

clairet, vivement.

'.'. '. oui, tu sais écrire; eh bien, sache te taire,

oient!

SIMON

Mais, monsieur...

CLAIRET

Tu dois être ravi De ton savoir profond... cela t'a bien servit A ton âge j'avais Jes secrets d'un empire. Je voudrais être roi... moi, si j'avais su lire.

SIMON

Mais, cela m'a servi plus que je ne voulais.

CLAIRET

Comment?

SIMON

Je sais trop bien ce qu'on fait aux palais. Grâce aux facilités que votre emploi vous donne, 11 ne part du château des lettres de personne Que vous ne les ouvriez.

Que t'importe?

SIMON

Et c'est moi Quileslis...onapprendbeaucoup dans cetemploi; Etdesgensquelquefoisne veulent pas qu'on sache, Et vous rendent discrets.

CLAIRET

Silence, et fais ta tâche.

Ce n'est pas un service à te rendre si fier. Cent autres l'auraient fait. .. mais pour celui d'hier, Il est tel qu'il m'engage à te faire mon gendre.

SIMON

C'est?

clairet. [ prendre

Pour m'avoir trouvé l'homme qui peut m'ap- En quel endroit secret de ses appartemens Le marquis a caché ses riches diamans, Dont ses lettres souvent parlent en confidence.

SIMON

Nous n'apprenons plus rien par sa correspondance.

CLAIRET

Il trame quelque chose, et, certe il doit avoir Quelques courriers secrets.

SIMON

Ah! s'il a pu savoir

Que ses lettres...

Comment veux-tu qu'il nous le prouve?

Mais ma fille, ust a toi si l'ouvrier retrouve L'endroit des diamans.

SIMON

Éeoulez; Dieu merci, On vient de ce côté : sans doute la voici...

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