MARIANNE, MONALDESCHI
MONALDESCHI
Marianne f
MARIANNE, dégageant ■>< main.
Hélas!
MONALDESCHI
Eh quoi: Marianne me repousse!
Ne cache pas ton front, où ta grâce est si douce. Jadis, hierëncor, tu l'as dit, tu m'aimais .. Tu pleures maintenant '.'
M A II l ANNE.
Maintenant ou jamais Je dois pleurer... Faut-il pour pleurer que j'attende Otto mon père expiré dans la tombe descende, Et ne doit-on des pleurs qu'a la perte de! jours?
MONALDESCHI
Quoi ! Marianne me hait!
.Non, jd t'aime toujours.
Voila ce qui me rend comme toi criminelle.
MONALDESCHI
Mais bientôt les liens d'une (haine éternelle Te rendront innocente.
MARIANNE
Un hymen entre nous?
Hier j'ai pu le croire, hélas !
MONALDESCHI
A tes genoux Hier je l'ai juré .. je te le jure encore.
MARIANNE
Oh! détourne tes yeux, ton regard me dévore. Ne brûle pas mes mains de tes baisers de feu.
MONALDESCHI
Ange, de mon pardon j'attends encor l'aveu.
MARIANNE
Ah! tais-toi; car mon aine, où le remords s'oul^Te, Au gté de tes acce'is se console et se plie. Où tu me l'as montré j'ai cherché le bonheur: Ah ! que ne m'as-tu dit. qu'il était dans l'honneur!
MONALDESCHI
Il est à t'adorer, et surtout à te plaire.
MARIANNE
Monaldeschi, sais-'u quel sera mon salaire. Quel bonheur maintenant il m'est permis d'avoir? Après mon déshonneur, après le désespoir Qui tuera mon vieux père et m'en fera maudire, Viendra ton abandon.
M0NALDESCI1I.
Ange, qu'oscs-tu dire?
MARIANNE
Oui, oui... ton abandon, qui me fera mourir.
Ml .DESCHÎ.
Tu connais donc le mal qui fait le plus souffrir-,
CHRISTINE A FONTAINEBLEAU
Tu sais de nos douleurs celte douleur extrême, D'aimer et de se voir moins aimé que l'on n'aime? Ne souffrirais- tu pas si je doutais de toi?
MARIANNE
'De moi?
MONALDESCUI.
Crains -tu toujours?
MARIANNE
Non, mais reste avec moi ; Viens, ne me laisse pas seule en proie à moi-même. En vain je m'encourage en me disant: Il m'aime; Je ne sais quel soupçon, quel effroi, quoi remord, Tant d'exemples d'amour, d'abandon et de mort, Tant de crimes, et puis mon père et ses alarmes, Un père en cheveux blancs et seul avec ses larmes ; Tout cela dans mon cœur tourne mille poignards. Hlais ici tout se perd dans un de tes regards. Tout remords est éteint, toute crainte est absente; Je t'aime, je te vois, je me sens innocente.
Tu luirais donc la France et ton père aujourd'hui?
MARIANNE
J'ai mis plus que l'exil entre sa fille et lui.
MONALDESCUI.
Tu me suivras partout, quelque chose qu'il faille?
MARIANNE
Si je ne te suis pas, où veux-tu donc que j'aille?
MONALDESCHI
Que le ciel donc me serve ou m'écrase à présent. Dieu saint! je n'aurais pas une goutte de sang Digne de faire battre un cœur de gentilhomme, Si pour ces titres vains où sa faveur me nomme, Pour ceux où l'avenir mêle celui de roi. Je balançais encore entre Christine et toi.
MARIANNE
Christine... qu'as-tu dit?
MONALDESCHI
Oui, sa fierté jalouse ..
MARIANNE
Jalouse, et de quoi donc ?
MONALDESCUI.
Tu seras mon épouse ; Cela doit être, ou bien je laisse à l'avenir Le nom d'un lâche.
0 ciel ! j'entends quelqu'un venir.
MONALDESCHI
Demeure et ne crains rien, camion nom te protège.