‹ Magasin théâtralChapitre 682 sur 1377 · MARIANNE, MONALDESCHI · texte numérisé non relu

MARIANNE, MONALDESCHI

MONALDESCHI

Marianne f

MARIANNE, dégageant ■>< main.

Hélas!

MONALDESCHI

Eh quoi: Marianne me repousse!

Ne cache pas ton front, où ta grâce est si douce. Jadis, hierëncor, tu l'as dit, tu m'aimais .. Tu pleures maintenant '.'

M A II l ANNE.

Maintenant ou jamais Je dois pleurer... Faut-il pour pleurer que j'attende Otto mon père expiré dans la tombe descende, Et ne doit-on des pleurs qu'a la perte de! jours?

MONALDESCHI

Quoi ! Marianne me hait!

.Non, jd t'aime toujours.

Voila ce qui me rend comme toi criminelle.

MONALDESCHI

Mais bientôt les liens d'une (haine éternelle Te rendront innocente.

MARIANNE

Un hymen entre nous?

Hier j'ai pu le croire, hélas !

MONALDESCHI

A tes genoux Hier je l'ai juré .. je te le jure encore.

MARIANNE

Oh! détourne tes yeux, ton regard me dévore. Ne brûle pas mes mains de tes baisers de feu.

MONALDESCHI

Ange, de mon pardon j'attends encor l'aveu.

MARIANNE

Ah! tais-toi; car mon aine, où le remords s'oul^Te, Au gté de tes acce'is se console et se plie. Où tu me l'as montré j'ai cherché le bonheur: Ah ! que ne m'as-tu dit. qu'il était dans l'honneur!

MONALDESCHI

Il est à t'adorer, et surtout à te plaire.

MARIANNE

Monaldeschi, sais-'u quel sera mon salaire. Quel bonheur maintenant il m'est permis d'avoir? Après mon déshonneur, après le désespoir Qui tuera mon vieux père et m'en fera maudire, Viendra ton abandon.

M0NALDESCI1I.

Ange, qu'oscs-tu dire?

MARIANNE

Oui, oui... ton abandon, qui me fera mourir.

Ml .DESCHÎ.

Tu connais donc le mal qui fait le plus souffrir-,

CHRISTINE A FONTAINEBLEAU

Tu sais de nos douleurs celte douleur extrême, D'aimer et de se voir moins aimé que l'on n'aime? Ne souffrirais- tu pas si je doutais de toi?

MARIANNE

'De moi?

MONALDESCUI.

Crains -tu toujours?

MARIANNE

Non, mais reste avec moi ; Viens, ne me laisse pas seule en proie à moi-même. En vain je m'encourage en me disant: Il m'aime; Je ne sais quel soupçon, quel effroi, quoi remord, Tant d'exemples d'amour, d'abandon et de mort, Tant de crimes, et puis mon père et ses alarmes, Un père en cheveux blancs et seul avec ses larmes ; Tout cela dans mon cœur tourne mille poignards. Hlais ici tout se perd dans un de tes regards. Tout remords est éteint, toute crainte est absente; Je t'aime, je te vois, je me sens innocente.

Tu luirais donc la France et ton père aujourd'hui?

MARIANNE

J'ai mis plus que l'exil entre sa fille et lui.

MONALDESCUI.

Tu me suivras partout, quelque chose qu'il faille?

MARIANNE

Si je ne te suis pas, où veux-tu donc que j'aille?

MONALDESCHI

Que le ciel donc me serve ou m'écrase à présent. Dieu saint! je n'aurais pas une goutte de sang Digne de faire battre un cœur de gentilhomme, Si pour ces titres vains où sa faveur me nomme, Pour ceux où l'avenir mêle celui de roi. Je balançais encore entre Christine et toi.

MARIANNE

Christine... qu'as-tu dit?

MONALDESCHI

Oui, sa fierté jalouse ..

MARIANNE

Jalouse, et de quoi donc ?

MONALDESCUI.

Tu seras mon épouse ; Cela doit être, ou bien je laisse à l'avenir Le nom d'un lâche.

0 ciel ! j'entends quelqu'un venir.

MONALDESCHI

Demeure et ne crains rien, camion nom te protège.

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