‹ Magasin théâtralChapitre 683 sur 1377 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MARIANNE, MONALDESCHI, LANDINI,

paie, abattu et profondément préoccupé; il descend par l'escalier.

MONALDESCUI.

Landini, quoi de neuf? parle.

LANDINI.

Que vous dirai je ?

Rien, s'il faut se lier au dehors des discours ; Beaucoup, si je sais bien juger le train des cours;

Beaucoup trop en effet, si ma mémoire est bonne.

MARIANNE

Mon père?

landini, retombant dans ses réflexions.

Il est parti. Quoi! la même personne Qui semble ne pouvoir jamais se maîtriser, Se déguise à ce point!

MONALDESCUI.

En quoi se déguiser?

Parles-tu de Christine?

Oui, monseigneur: la reine.

Ses femmes étaient là, souriant et sereine, M'a dit qu'elle venait travailler avec moi - ., Ce soir.

MONALDESCHI

Pour te troubler jusqu'à ce point, en quoi Cet ordre est-il étrange? elle chérit l'étude; Tu l'as reçu cent fois.

LANDINI.

Oui, j'en ai l'habitude.

Cent fois je l'ai reçu; mais une seule fois Avant ce jour, avec ce geste et cette voix.

MONALDESCHI

Et quel fut donc ce jour de sinistre présage?

n . ..... LAND,NI'

Oui, celait bien cet air, ce geste, ce visage,

La veille de ce jour où Magnus...

MONALDESCHI

Malheureux !

C'est un affreux soupçon. ,;fj^

LANDINI.

Ce fut un crime affreux.

Je connais les poisons, et l'heure et la minute De leurs effets; j'ai vu, lorsque l'homme dispute Sa vie aux sûrs progrès de leurs feux dévorans. Se tordre et se raidir ses membres expirans. Mais empêche le ciel que jamais je revoie Un jeune homme mourant parmi des cris de joie, Surpris par le poison dans les plaisirs d'un bal! Poison sûr et sans trace, et qui, doux et fatal, Endort notre raison dans l'erreur d'un beau sunerc, Et pare d'avenir la mort où l'on se plonge. Christine vient pourtant.

MONALDESCHI

Rappelle ta raison.

LANDINI.

Ne craignez rien. Je sais où cacher le poison. Le voilà.

Il va pour le pi fii.! ri- s 1 1 i j l l.lr.

MONALDESCHI, V arrêtant,.

Laisse la tes souvenirs horribles.

LANDINI.

Ah! pardon... j'ai passé des mornens si terribles! Eh bien!

MONALDESCHI

Nous nous perdons par le moindre retard.

LANDINI.

Qu'avez- vous décidé ?

MONALDESCHI

lu le sauras p. us lard.

MAGASIN TIIFATÎ'.AI.

Veille sur l'escalier, de peur ju'on nous surpi

Va

Landini v i sur l'escalier, el j'arrête en liaul.

A 1\1 irianne.

Marianne, il faut fuir hs regards de la reine.

MARIANNE

Je suis prête à te suivre.

MONALDESCHI

Oui, mais il faut partir, Tandis que du château l'on peut encor sortir.

MARIANNE

Eli bien! partons.

MONALDESCHI

Marianne, arme-toi décourage, Il faudrait partir seule.

Marianne, avecuncri.

Ah!

MONALDESCHI

Cet effroi m'outrage.

Marianne, que crains-tu ?

MARIANNE

Moi... moi... je ne crains rien.

Je l'aVais deviné , je te le disais bien.

MONALDESCHI

Ah! c'est trop me punir; car tu viens de m'apprendre

Que l'amour lopins vrai se fait le moins comprendre Si près de ce bonheur de ne plus séparer Tous nos jours... plus je mets de soins à l'assurer, Plus on m'accuse.

MARIANNE

Epargne un effroi qui m'opprime.

Ah!dès qu'on est coupable, on voit partout un crime.

MONALDESCHI

Il raft à 'Sa'mt- Aubin un ermite ignoré. Oui, loin ée son couvent, y vit seul retiré; Mon nom te suffira pour l'ouvrir sa demeure. Et pour V parvenir il faut à peine une heure. De l'ertriltUgë ici tu connais le chemin. Vas-y ;)e't'y joindrai dès ce soir, et demain, Quand j'aurai disposé mes trésors et ma fuite Contre tous lefc dangers d'une longue poursuite. Nous luirbns1, nous irons dans mon noble pays, Heureux ensemble.

MARIANNE

Ensemble !

MONALDESCHI

A jamais.

MARIANNE

J'obéis ;

Mais pense que pour moi ta présence est la vie.

MONALDESCHI

Je serais infidèle au seul bien que j'envie, En tardant un instant.

ils inarrli<;nl vers la porlc de gauche, lorsqu'on entend l rapner.

A l ravers la porté.

* -, lo

Arrête, <im va la?

MERULA, en dehors.

Ouvrez.

MONALDESCHI, à Landini, qu cî< Silence!

MA

0 ciel :

MÉRULA, i h il, hors.

Ouvrez !

LANDINI, gui s'est rapprot

C'est Mérula!

MONALDESCHI

Mérula... vite, ouvrons.

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