SCENE YI1I
MARIANNE, MONALDESCHI, MÉRULA, en
habit d'ermite.
Landini remonte l'escalier, après un ou deux vers, sur un geste de Monaldesclii.
MONALDESCHI, à Mérula.
C'est le ciel qui t'envoie.
MÉRl LA.
Oui, le ciel ; c'est bien dit, car je suis dans sa voie.
MONALDESCHI
Quel est donc cet habit?
MÉRULA.
Hier c'était celui De l'ermite, et, vrai Dieu, c'est le mien aujourd'hui.
MONALDESCHI
L'aurais-tu maltraité?
MÉRCLA.
Monseigneur, je suppose Que je connais mes gens; mais de peur qu'il ne Deux ou trois nœuds... [cause,
MONALDESCHI
Quoi?
MÉRl LA.
Mais un soin plus important M'amène; savez-vous quel danger vous attend? Clairet...
MARIANNE
Mon père!
MONALDESCHI
Eh bien !
MÉRCLA.
A trouvé notre trace.
MARIANNE, se précipitant vers la porte.
Ah! sauvez-moi , fuyons, je n'aurai pointde grâce. Il me tuerait ici ; fuyons.
MÉRCLA.
Ne sortez pas, Car c'est par là qu'il vient ici.
Marianne, revenant lentement.
Que mon trépas Serve donc, ô mon Dieu, pour expier ma faute.
MONALDESCHI
Songe au temps précieux que ta douleur nous ôtc; Calme-toi. . viens, Marianne.
MARIANNE
Hélas !
Mi NALDE9CIII, à 'Jcrilla.
Achève enfin.
MÉRULA.
Quand oti ; «songe, on croit être bien fin;
CHRISTINE A FONTAINEBLEAU
Biais des meilleurs calculs le moindre esprit se joue. Avons-nous fait mentir la trace de la roue?
MONALDESCUI.
Mais cet homme posté pour détourner...
MÉRULA -
A pris
Deux ou trois sots valets qui courent vers Paris ; Il ne s'agissait pas pour ceux-là de leur fille. Mais Clairet, à pied, seul, est parti de la grille ; Et, l'œil avec fureur sur la terre attaché, Sur la trace récente il a toujours marché. Nous croyions tout prévu;car, loin des routesvraies. Nous avions traversé des taillis et ries haies. Quitté, repris le bois et fait mille détours; Acharné sur la trace, il a marché toujours.
MONALDESCUI.
Il vient.
MARIANNE
11 vient ici !
MÉRULA.
C'est l'enfer qui le mène.
Il donne à ce vieillard sa force plus qu'humaine; Car certe aucun de nous ne pourrait achever Cette route.
MARIANNE
En quel lieu va-t-il me retrouver!
MÉRULA.
Eh! mais il ne faut pas ici qu'il vous retrouve.
MONAI.DESCHI.
Viens donc.mettons un terme à l'état que j'éprouve.
Il tire son épee et prend Marianne par la mais. A Me'rula.
Suis-moi, prends ton poignard... sortons.
MARIANNE
Ah! laissez-moi, J'aime mieux qu'il me tue.
MÉRULA.
Arrêtez.
Sauve toi.
Ton père vient.
MARIANNE
Il vient, et ton épée est nue; Serai-je au parricide aussitôt parvenue?
MONALDESCUI.
Viens.
MARIANNE^ : OU -
Jamais.
MÉRULA*
Arrêtez. Dans votre appartement Pouvez-vous la cacher une heure seulement?
MONALDESCUI.
Je l'espère.