‹ Magasin théâtralChapitre 688 sur 1377 · MEUGLA · texte numérisé non relu

MEUGLA

Christine est-elle devant moi?

CHRISTINE

Christine. Oui, je suis... ou plutôt je fus reine.

MÉRULA.

Ma fille, permettez qu'un vieillard vous reprenne. On outrage en ce lieu le Ciel à tout moment.

CHRISTINE

Dieu seul juge les rois... vienne son jugement, Je l'attends. -«m*"*"*»

baiq un i*s iaV Wàytedes Serviteurs WrWhièt CuRiéTiïrB.

Je némlc'eh..rgc pas du salut de leurs âmes.

MÉRULA. ' ,

L'un d'eux ose surtout, pour un art de l'enfer,, Iroubïer la paix des morts, interroger la chair, T.t souiller ce palais de pratiques impies,.! /

CHRISTINE, avec impatience.

Landini, c'est ton crime,1 il TaW'qtirj'tU l'èïp'rês1.1 Ecoute ce sermon. ; !

MÉRULA.

'<■'" ' ' Non.. .tmiiVÉ prouvé M a refusé ce corps à l'église enlevé,

l'our en faire à Saian une offrande pr .fane. CHRISTINE.

.Ne craignez pas que Dieu pour cela le condamne.

MÉIM LA.

Alors donc, par scs mains c'est vous qui l'outr; i

< lliuvi IHE.

Mon |ière, allez ailleurs porter vos préjugés.

MONALDB8CHI , doucement.

Pourquoi ne pas céder aux vœux de cet ermite?

CHRISTINE, avec amertume.

Vous me parlez, monsieur, vous me parh il HONALUESCHI.

J'iiiin Votre courroux.

CHRISTINE

Non... non, vous disiez... DONALDESCHI.

Je pensais Que c'est pour ce vieillard un important sucées. Et que, quoiqu'a ses vœux toute raison s'oppose, Pour ce qu'il en attend c'est céder peu de chose. Christine , vivement et l'entraînant près de latable.

Peu de chose, marquis?... Certes.ce corps glacé, Où le cœur ne bal plus, où la vie a cessé, Où rien ne reste, enfin, de ce qui fait une amc, Ce corps froid et flétri que la terre réclame. Dont l'aspect pèse au creur et dégoûte les yeux, Certes, c'est peu de chose, et pourtant il vaut mieux Que tel homme, vivant d'une coupable vie, Pensant, mais dans une ame à tout vice asservie, Lâche sous sa noblesse et vil sous sa beauté; Qui dans un cœur qui bat n'a plus de loyauté, Et qui souille à ce point son existence infâme De vendre les secrets qui perdent une femme.

monai.Descui , à voix basse.

Je ne suis pas ici le seul qui vous entends, Prenez garde.

CHRISTINE

Eh pourquoi? dites, depuis qu«l temps Dois-je à mes serviteurs apprendre en confidence Que je sais châtier l'insulte et l'impudence?

monalueschi, à voix basse.

Des serviteurs, alors je ne crains rien pour moi.

CHRISTINE

Tous sont mes serviteurs qui vivent sous ma loi.

MON'ALDESCiii, à voix basse.

Et voilà cependant le sort qu'on se prépare Quand dans un làcbe amour la vanité s'égare.

CHRISTINE

Oui, marquis, cet ar»!Qur!Ès> une lâcheté, Qui, du, rapg où ,1,911 .çsjisouij^-fô dignité.

, M ONAI.DIiSÇHJ H q.-fipifi IflSSf.

Quand on craint de sonrati" la dignité blessée, On ne sait pas qu'ailleurs elle est plus haut placée. Oui, oui, celui-là seul s'est vraiment oublie'. Serviteur favori dont (amour est lié [donne,

Paf'd'âùti'cs soins que ceux que ï anlour seul or- Qui pour des torts ' d'emploi trouve un eccut qui

' [pardonne, M;.... qui pour son amour, où rien n'est de moitié, Sur le pied de valet peut être châtié.

CHRISTINE A FOKT.ilNEBLIiAU

CIIRIRITNK.

Et s'il a lâchement mérite sa disgrâce?

MONALDESCIII, « l'OÏa buse.

Sa disgrâce î en effel le mol est a sa pince, Et linéique affreux qu'il soit, il dit tout mon mal-

[heur.

J'ai donc mon rang à perdre, et non pas votre

[cœur.

Ah! vienne ma maîtresse injuste et mon égale, Sur un mot, un soupçon, sur une erreur fatale, M'accuser sans raison, me frapper sans remord, J'aimerai cet amour qui s'arroge ma mort; Mais j'aurai ma disgrâce... oh! royale indulgence! Oui, malheur à l'amant indigne de vengeance A qui l'orgueil mesure un juste châtiment!

Ou mon orgueil nourrit un grand ressentiment, Ou je vous aime plus que votre cœur n'espère.

MON'aldeschi, devant la voix.

Voilà donc où tendait cette lière colère. Christine veut ma mort.

CHRISTINE

Marquis...

MON'ALDESCHI.

Vous la voulez, Madame

CHRISTINE

Prenez garde au ton dont vous parlez; Vous oubliez aussi que l'on peut vous entendre.

MONALDESCIII.

Pourquoi taire l'honneur qu'il vous en faut pré-

[ tendre;' Christine veut ma mort, et je ne pense pas Qu'elle ait traîtreusement arrangé mon trépas. Le monde doit savoir sa royale sentence.

CHRISTINE, bas.

Malheur, malheur à toi pour ta folle jactance; Tu seras donc jugé, puisque tu l'as voulu.

HOKALDBSCHI.

Peut-être... où sont vos droits?

CHRISTINE

Mon pouvoir absolu.

HOKALDESCHI.

Vos juges?

CHRISTINE

J'en ferai.

HOKALDESCHI.

Vos preuves

CHRISTINE

J'en espère.

A Mcrula.

Il n'y manquera rien ; vous resterez, mon père.

Idesck

Tout sera juste, grâce à ton zèle infini ; Tu pourras te défendre, et tu seras puni.

MONALDESCIII.

Eh bien! j'accepte donc vos juges, votre prêtre, Vos bourreaux, mon arrêt... je l'accepte, et peut- Christine me dira quel crime j'ai commis, [être

CHRISTINE

Quel crime !

HONAl DRSCHI.

Est-ce son nom que, moi, j'ai compromis!?

Tais-toi, traître!

MONALDESCIII.

A quoi donc? est-ce aux lois du royau c ?

CHRISTINE

Tu perds...

monaldeschi.

l'erdrai-jedonc plus que les jours d'un homme? Même a minuit...

CHRISTINE

Tais-toi, tais-toi donc, malheureux; Ton trépas est certain ; il pourrait être affreux.

MONALDESCIII

Certain... il est certain comme l'obéissance

Que je commande seul, et f.iit >oltc puissance. CHRISTINE.

Si c'est là ton espoir, qu'on décide entre nous. Viens.

UONALOESCHI.

Je les attendrai.

CHRISTINE

Viens.

MONALDESCIII.

Que n'y courez-vous?

Christine doit avoir des bourreaux à demeure.

Christine, sortant.

Pilon père, assistez-lc ; vous n'avez qu'un quart

[d'heure.

MONALDESCIII.

Un quart d'heure, c'est trop.

MÉRL'LA.

Pas trop, pour avoir fui.

Cli lis Une va pour sortir, et s'arrête en voyant entrer Clavrel par la porte du liuis, harasse de (aligne.

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Mort!

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