‹ Magasin théâtralChapitre 689 sur 1377 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les Mêmes, CLAIRET.

TOLS.

MONALDESCIII.

Malheur!

CHRISTINE, rentrant rajiidcment.

C'est Clairet et ton crime avec lui.

Mcrnla se jette aire l.andini devant la lalile oïl e^t. Maria nue, tire son poignard et en appuie le manche sur toile.

CLAIRET, entrant abattu et en désordre, un bàinu à

la main.

Elle est ici!

CHRISTINE

Elle est ici l

CHRISTINE

La preuve!

La preuve du forfait! réponds.

MON ' LDESCRI.

Horrjble épreuve!

2ti

MAGASIN THEAT1UI,

CLAIRET. i

Ma fille est nu château, vous savez, d'où j'attends , Ma vougeance...

CHRISTINE

Eh bien donc! lu L'attendras long-temps, Si la mienne a L'instant ne m'est pas assurée.

CLAIRET

Gardez mieux ce secret.

CHRISTINE

Garde la loi jurée.

Parle!

CLAIRET

Quoi ! devant lui!

Devant mille témoins.

CLAIRET

Il sait donc...

CHRISTINE

II sait tout, et n'en mourra pas moins.

MONALDESCHI

Ce n'est plus pour minuit.

CHRISTINE

C'est pour une heure telle Qu'elle sera pour toi plus triste et plus mortelle; Tes juges m'y viendront épargner un remord, Et, mourant, tu mourras dégradé par ta mort.

MONALDESCHI

A mon accusateur, je devine mes juges.

CLAIRET

Monseigneur , je pourrais par de vains subterfuges M'excuser sur ce mot : qu'il me faut obéir ; Mais je vous tiens trop bien pour vouloir vous

[trahir.

Vous perdre fut le but de toutes mes pensées. Jugez-en : lorsqu'hier mes douleurs insensées Demandaient à grands cris la mort du ravisseur, De vous atteindre encor j'espérais la douceur. Oui, si ma fille à vous s'était prostituée, De mes mains, à vos yeux, moi, je l'aurais tuée. Vous m'avez fait vouloir la mort de mon enfant! Mais un autre forfait, dont rien ne vous défend, Me laisse au seul malheur de me la voir ravie, Car pour deux offensés vous n'avez qu'une vie. Aussi, sans m'enquérir si c'est un autre ou vous, Du jour que je le puis, je vous porte mes coups Et vous accuse.

MONALDESCHI

Moit

CLAIRET

Vous, d'un crime, et j'engage Ma tète à le prouver.

MONALDESCHI

Jadis, c'était un gage ; Mais le bon sens, je vois, commence à s'y troubler.

CLAIRET

Il m'en reste du moins de quoi vous rappeler Qu'une boîte d'acier ici vous fut vendue ; Sous des ornemens d'or la serrure est perdue.

MONALDESCUI, à part.

^ ciel !

CLAIRET

M'a-t-on trompé quand on m'a fait payer La mienne cent louis?

MON \I.IiISI III.

Me faut-il essuyer, Madame, pins long-temps cet interrogatoire 1

CHRIS I IMC.

Et celle boîte?

i i. URET.

Elle est dans ce laboratoire.

Sous ce parquet, facile à soulever sans bruit; Gardant ces diamans que, jusqu'à cette nuit, Je crus un don de vous.

MONALDESCHI, à part.

Dieu !

MÉRi'i.A, ijui •'"! approché, montrant son }<< tjnard et a voix basse.

Monseigneur !

MONALDESCHI, de même.

Arrête Reste.

CLAIRET

Eh bien! monseigneur, ai-je perdu la tète? Voulez-vous a l'instant que j'en fasse l'essai?

Christine, avec intention, à Clairet.

N allons pas plus avant après ce que je sai : C'est pour un jugement, et je veux qu'on en use De façon qu'on ne puisse y soupçonner de ruse.

A Monaldesclii.

C'est devant vos égaux, seigneurs ae ma maison. Qu'on prendra ces témoins de votre trahison. MONALDESCHI, à fart.

Je puis compter sur eux.

Haut.

Vous le voulez, madame ; J'accepte donc l'affront de ce procès infâme.

CHRISTINE

Votre épee.

MONALDESCHI, bas à Mêrula.

Et Marianne?

MERULA, de même.

Il les faut éloigner.

monaldeschi , tirant son épée et leur en présentant la pointe.

Vous avez tous les deux voulu m' assassiner ; Votre vie est à moi.

Il jette son épée.

Je suis prêt à vous suivre.

Christine, à Mérula.

Après vous... c'est à Dieu qu'a présent je le livre

CLAIRET

Et moi?

CHRISTINE

J'approuverai tout ce que tu feras.

CLAIRET

La mort du ravisseur demain...

CHRISTINE

Quand tu voudras.

Reste.

Moqaldesclii, T-anitini, la Reine, sortent.

clairet, regardant sortir Monaldeschi.

Elle l'adorait, et c'est moi qui l'écrase.

CHRISTINE A FONTAINEBLEAU

Et voilà de quels feux une reine s'embrase, Brisant le vil jouet dont le goût est passé. C'est elle...

CHRISTINE rentre rapidement.

Je l'ai mis aux mains de Cliarnacé.

Les preuves maintenant... ah! je veux voir moi-

[même!..

CLAIRET, les lui donnant après avoir découvert la

boîte d'acier.

Les voiei.

ciiristike, les considérant.

C'est bien là ce royal diadème Qu'il osait regarder.

CLAIRET

On vient... contenez-vous.

Il remet tout.

Christine, à Charnacé qui entre avec des gardes. Placez là ces soldats.

Cliarnacé place des gardes extérieurement à la porte du bois.

Bien... tirez ces verroux.

Cliarnacé ferme la porte exactement.

CHARNACÉ

Mais nous devons encor avoir une autre issue.

Il montre la porte secrète et place extérieurement aussi deux gardes.

C'est là...

CLAIRET

Mes yeux jamais ne l'avaient aperçue.

Pourtant j'y vois assez pour me faire haïr

Il montre la table.

CHRISTINE, l'entraînant.

Que la mort reste, elle ne peut trahir.

Ils sortent tous :ou entend fermer la porte avec soin.

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