SCENE III
Les Mêmes, SIMON.
SIMON, entrant.
Tous les ordres signés par monseigneur de Guise Sont remis.
CHRISTINE
A son nom n'a-t-on pas murmuré?
SIMON
J'ai vu les officiers, et tous m'ont assuré
Qu'à la salle du trône ils iraient pour apprendre
Et souscrire à l'arrêt qu'il vous plaira d'y rendre.
CHRISTINE
Ce sera pour midi.
A Clairet.
Toi, tu dois te hâter.
Elle se lève.
Écris l'ordre, Simon, que je vais te dicter.
Simon s'assied et écrit.
« Toutes les personnes qui habitent le château » de Fontainebleau et les bàtimens qui endépen- » dent, laisseront entrer le capitaine Santinelli o dans leurs chambres etlogemens; ils l'aideront » dans la visite qu'il lui plaira d'en faire, quels » que soient d'ailleurs leurs charges ou pri\i- » léges. »
A Clairet.
Ceci doit te suffire.
clairet, tristement.
Oui.
CHRISTINE
Je signe, et j'espère Que tu n'oubliras pasce que doit être un père.
CLAIRET, douloureusement.
Ah! mon heure est passée, à moi, de condamner. Pour un autre que lui je peux lui pardonner. La haine n'emplit pas si bien cette ame avide Que ma fille n'y laisse un vaste et sombre vide.
CHRISTINE
Des pleurs!...
CLAIRET
Si vous saviez comme on aime un enfant!
CHRISTINE A FONTAINEBLEAU
CHRISTINE, (> part.
Clairet peut les aimer... le tigre les défend.
CLAIRET, Ù Simon.
Vieil?, Simon, sois mon (ils, situ n'es [>as mon gen-
[ dre.
riKE, remettant l'ordre écrit à Saminelli. Sanlinelli, de moi vous pouvez tout attendre ïm vous êtes fidèle.
Sanlinelli s'incline. A Clairet.
Il est faux et subtil, Prends gorde.
CLAIRET
Il me suffit.
CHRISTINE
Allez.
Us sortent.
A Fanchon.
Quelle heure est-il?
FANCHON
L'horloge du château vient de sonner huitheures.
CHRISTINE, se parlant.
Quand la France m'ouvrit ces royales demeures, Je nem'attendaispasque des nuits sans sommeil, Là, me verraient du jour attendre le réveil.
A Fanclion.
Laissez-moi.
FANCHON
Seule ?
CHRISTINE
Seule. Il est temps que je prenne Uneheure de repos... faites comme la reine.
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