LAURENT, STROZZI
strozzi, revenant peu à peu de sa stupeur. L'ai-je bien entendu? mais où donc est l'infâme...?
il se retourne el aperçoit Laurent immobile à sa place cl <jui semble L'attendre.
Laurent! ah! de fureur jesens bondir mon ame !
Il s'approche d« lui, et I< i t face.
Tu m'envisages, traître, et, les yeux sur mon front, Tu joins encor l'insulte à ce public affront! Mais tu ne sais donc pas qu'ici même, sur l'heure, Il faut que ton trépas me venge ou que je meure?
LAURENT, froidement.
Je le sais, car tu vois, quand chacun t'a quitté, Pour te rendre raison, moi seul je suis resté. strozzi, mettant la main sur son èpêe.
En garde donc, en garde! et croisant ton épée...
LAURENT, impassible.
Jamais au sang d'un frère elle ne fut trempée.
Un frère, misérable! Eh! suis-je encor le tien,
Toi qui m'as pris l'honneur, l'honneur, mon der-
Défends-toi. [nier bien?
LAURENT, voulant s'expliquer .
Pierre, écoute.
strozzi.
Ah ! oui, voilà ta tâche, Parler pour vous trahir! Laurent, tu n'es qu'un laurent. [lâche.
Pierre!
STROZZI
Unhommesansfoi, qui n'as rien danslecœur!
LAURENT
Pierre...
STROZZI
Un poltron enfin qu'on insulte sans peur!
Il lui jette son gant au visage.
LAURENT, éclatant à son tour.
Cette fois, c'en est trop ! de ton aveugle rage, Vois, sans trembler, Strozzi, je relève le gage. J'ai su sauver tes jours, tu veux prendre les miens . Soit! attends à minuit, alors je t'appartiens.
STROZZI
Quoi! si tard !
Pas avant.
A part.
Ce temps doit me suffire.
Haut.
Où nous revenons-nous?
STROZZI
Je te l'enverrai dire.
11 sort.
LAUKEJNT DK JMED1C1S.
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