‹ Magasin théâtralChapitre 8 sur 1377 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LORENZO, SALVIATI, ANDRÉA CORSINI, PITTI, LE CARDINAL CIRO , JULIEN RUONAMICI DE PRATO , LE COMTE OTTAVIO MANFIÉRI, Codrtisans.

Au lever du rideau, la scène est occupée dans lefondpardifférens groupes de Courtisans qui se promènent, causant entre eux, el attendent pour aller faire leur cour qu'un ouvre la porte des appartenions de la Duchesse. Parmi eux se remarquent uu premier rang Lorenzo Sal via ti, Andréa Corsini, jeunes seigneurs des premières familles de Florence, Pitti, chef de la banque, le cardinal Cibo, et Julien Buonamici de Prato, religieux de l'ordre des Carmes, qui passait alors pour un astrologue fameux ; survient en dernier le comte Ottavio Manfîéri.

LE comte, entre connue un homme préoccupé, sans saluer personne, et quand il est une fois tout-à-fait en scène, il se dit à lui-même. Je l'avais bien pensé... de cette trahison Il ne pouvait souiller l'honneur de sa maison. Oui, Strozzi, je te crois; a toi je m'en rapporte; Ton but était coupable, et l'entreprise avorte, C'estjuste...maisaumoins sauvons les malheureux Qu'à tort tu compromis par d'imprudens aveux. Que ta voix, que la mienne en leur faveur proteste; Gagnons ainsi du temps... et Dieu fera le reste!

Il se retourne et promène ses regards sur la foule de Courtisans qui occupent le tond delà galerie.

Diantre! il parait qu'on sait la nouvelle du jour! Quelle foule empressée à faire ici sa cour ! Hautcommerce, clergé, noblesse, rien n'y manque: Lorenzo, Corsini, Pitti, chef de la banque, Le cardinal Cibo, jusqu'à ce moine enfin, Astrologue en renom, dont on fait un devin, Mais qui vient un peu tard complimenter le maître, Lui qui doit, par état, tout prévoir et connaître. Oh ! que vous voilà bien, race vraiment à part, Courtisans éhontés! pas un n'est en retard! C'est à qui , composant son air et son visage, Saluera le premier le duc à son passage, Et, le félicitant du péril dont il sort, Le bénira vivant quand il le voudrait mort. Sur de pareils appuis faut-il donc que je compte? A rien mendier d'eux vraiment j'ai quelque honte. Mais enfin le temps presse... essayons... il le faut. Dans une heure peut-être on dresse L'échafaud

Il s'approche d'une table où se déposent habituellement

les pétitions adressées au Duc, et, tournant le dos à la porte de la galerie et à celle par laquelle on entre chez la Duchesse, il s'assied et jette un placct sur la table; son geste attire l'attention des Courtisans ; tous le regardent a<vec étonnement et se rapprochent. Quand il a pris connaissance du placet, il se lève, et s'adressant à la foule qui lui fait face, il dit :

Messieurs, un attentat a menacé Florence, Attentat inouï, qui tient de la démence...

Comme il achève ces mots, le Duc paraît derrière lui sur le seuil de la porte d'entrée. 11 fait signe de la main aux Courtisans qui l'aperçoivent de ne point interrompre le comte Ottavio en trahissant sa présence. Ceux-ci obéissent, et le Comte continue sans se douter que le Duc est là qui prête l'oreille.

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