‹ Magasin théâtralChapitre 707 sur 1377 · SUÉNON, CHARNACÉ · texte numérisé non relu

SUÉNON, CHARNACÉ

CHARNACÉ

Te voilà bien penaud.

suénon.

Moi, dis-tu?

CHAK>'ACÉ.

Mais vraiment, c'est tomber de bien baut. La place du marquis est un peu dangereuse, Mais une ame brûlante est rarement peurcusp, Et je te crois bien brave.

SUÉNON, avec dépit et mépris, prenant une clef comme s'il voulait la briser.

Et le lâche va donc Reprendre cette clef.

CHARNACÉ, vivement.

T'en a-t-elle fait don ?

SUÉNON , avec humeur.

C'est celle qui servit pour enlever Marianne.

La sait-on en tes mains?

SUÉNON

Oui, certe.

CHARNACÉ

Dieu me damne!

Et l'on ne te l'a pas arrachée à l'instant?

SUÉNON

Non, mais qu'importe?

CHARNACÉ

Rien, sinon que l'on t'attend.

SUÉNON

Qu'oses-tu dire?

CHARNACÉ

Eh, mais, si je connais les femmes, Il faut être un peu bon pour ces très-grandes dames, Qui comme dans un fort s'enferment dans leur

[rang; Tiens, lis la Scudéry. .. « Vienne le conquérant, Dit-elle... l'une attend et demeure blottie,

L'autre entr'ouvre une porte et tente une sortie» Mais il en est aussi qui demandent l'assaut! » Mon pauvre Suénon! si tu n'étais un sot...

SUÉNON

Charnacé, j'oserais...

CHARNACÉ

La nuit est si fidèle, Sait tout et ne dit rien.

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