SUÉNON, CHARNACÉ, CHRISTINE, GUISE
GUISE
Pourquoi cette faiblesse Lorsque vous retrouvez un ami dévoué?
Christine, avec colère.
Guise, comprenez donc quel rôle j'ai joué, Odieux, ridicule, et par quelle indulgence J'ai peut-être en mes mains enchaîné ma ven-
[geanceî Sans preuves, taaintenant, puis-je le condamner? Si je l'ose, on «lira que c'est l'assassiner.
Votre courrou* s'égare.
CHRISTINE
Ah! j'aimerais mieux être Coupable du ft.rfait dont m'accuse ce traître...
GUISE
Madame, oubli tz-vousencor qu'il ne l'est point?
CHRISTINE
Guise, eh ! me >royez-vous sotte et folle à ce point D'avoir si hautement annoncé sa disgrâce. Sans avoir du •. orfait bien reconnu la trace? J'ai vu, vu de taes yeux les preuves du forfait.
guise, ai»ec doute.
Eh! commentée fait-il?...
CHRISTINE
Comment cela s'est fait ?
Demandez à l'eafcr... à moins que cet ermite...
GUISE
Sur des soupçons encor votre courroux s'irrite; Peut-être il est Coupable aussi; mais, entre nous, Je pense qu'il se livre à des crimes plus doux.
CHRISTINE
Qu'est-ce à dire?
GUISE
Ou je vois mal ce que je regarde, Ou cet ermite saint était le même garde Qui sut avant-hier du palais enlever Cette enfant de Clairet, qu'on n a pu retrouver. CHRISTINE, à part, avec une grande surprise et
calculant en elle-mcme.
O ciel! étrangement tout ceci se rapporte Ensemble, en ce caveau.. . cette clef, cette morte. . . Malheur !
gcise , l'observant.
Que dites-vous?
CHRISTINE, réfléchissant, à part.
Oui...
GUISE
Vous soupçonnez?
cnuiSTiNBi, comme approuvant sa pensée.
Oui!
C'est cela.
GUISE, bas à Charnace, Charnacé, vous veillerez sur lui.
A Christine.
Madame...
A part.
A ses regards, sa sombre joie échappe.
A Christine, l'observant.
Vous...
Christine, revenant à elle, et d'un nir indifférent.
Moi ? rien. J'admirais comme l'esprit se frappe
D'un soupçon, et combien long-temps il s'en res-
[sent.
Je dois croire et je crois le marquis innocent, Et déjà sur un mot je m'étais emportée ; Mais... vous le comprenez... je suis fort agitée; Je vais dans la forêt me distraire un moment.
guise.
Le temps menace.
CHRISTINE
Oh! rien, une heure seulement En carrosse.
SUÉNON
Il suffit. .. Quelle garde accompagne ?
CHRISTINE, vivement.
Personne... je veux seule admirer la campagne. Guise, avant mon départ vous recevrez de moi Le message secret que je destine au roi. Charnacé, ce me semble, a mérité sa grâce, Il vous suit.
charnacé, sur un signe de Guise.
Permettez, puisque le temps menace, Que j'attende un rayon du soleil de la cour.
Christine , à part .
Je saurai l'éloigner avant la fin du jour.
A Charnacé. A Guise.
Oui, demeurez... adieu... Vous n'attendrez pas,
[Guise.
Christine a Fontainebleau.
Je sors.