‹ Magasin théâtralChapitre 715 sur 1377 · LAND1NI · texte numérisé non relu

LAND1NI

Elle a pris le poison.

CHRISTINE

Quel poison?

LASDlNI, bas à la reine.

Le poison...

LE PERE LE BEL

Vengeances éternelles, Écoutez '....

CHRISTINE

Dieu l'a mis dans ses mains criminelles.

MERTiLA, à part.

Pauvre enfant!

Landini, donne-lui tes secours.

LANDINI.

Rien du mal maintenant ne peut changer le cours. Bientôt... bientôt la mort...

MARIANNE, souriant.

Oui, l'heure nous appelle; V,nez, l'autel est prêt, la fête sera belle.

LE PÈRE LE BEL

Dieu la fuit.

CHRISTINE

Malheureuse !

MARIANNE

Allons, approchez-vous; Je ne suis plus coupable... il sera mon époux ^

CHRISTINE

Elle rêve d'amour.

landini, bas à Christine.

Magnus parlait de gloire.

LE PÈRE LE BEL

Mon Dieu! son crime seul occupe sa mémoire.

MARIANNE, avec douleur.

Pourquoi cette tristesse au jour de mon bonheur? Valeurs assez long-temps ont dit mon deshon-

Si Dieu veutqu'en mon cœur ma blessure s' é tanche A l'autel où j'irai sans ma couronne blanche, Laissez ce jour en paix.

LE PÈRE LE BEL

Au ciel tourne tes yeux.

MARIANNE

Hélas 1 si vous m'aimiez, vous seriez plus joyeux.

CHRISTINE

Ah ! maudit soit celui qui cause ton délire !

LE PÈRE LE BEL

Puisse le ciel bientôt n'avoir pas à maudire!

CHRISTINE

Ce spectacle de mort manque à son châtiment ^L^,s approchant de Christine, et confident-

vient.

Ah' que vous oubllriez ce long ressentiment, Si vous pouviez savoir de quelle voix touchante, Quand 5 dit son amour, il parle et vous enchante! Oui par tant de douleurs ces momens expies, Ils m'enivrent encore... il était à mes pieds.. . Lui.soumiseuremblant^tmoitrembknteetfierc,

Mes deux mains dans ses ma.ns, ses yeux .ur ma ïi me parla si bas... qu'il me fallut pencher

ïoTlLl jusqu'à son front, que je n'osa, «*£

Urne dit doucement: «Oh! ,e t aime, et ma «e „ N'a plus qu'une pensée à toi seule asservie,

r'^det'aimer.'oh: viens, jenesui. pas un ro, , Et je veux cependant perdre un trône pour to. ,> Joigne pas ton front... ta mambrû.e,(etJe

Il pleurait âmes pieds... moi, jepleurai.de même; J'osai le regarder, son regard me brûla, J'oubliai...

lue «ffroi.

Taisons-nous... si mon père était là!

CHRISTINE, à pari.

Le lâche 1

MARIANNE

Ah! sans pitié votre cœur me condamne;

Vous me fuyez.

Christine, attendrie, vivement.

Non... viens, ma tille, viens, Marianne; Oui, tu fus innocente. ..il est seul criminel.

LE PÈRE LE BEL, à Marianne.

En mot qui te mérite un pardon éternel.

CHRISTINE

Eh ' mon père, voyez ce délire funeste; Séjours malheureux consolez ce qui reste.

Par pitié, s'Use peut, suurie* à sa mort.

LE PÈRE LE BEL

Ma foi pour la sauver n'exige qu'un remord. Je ne bénirai pas le crime qui s égare Dans l'oubli de son Dieu.

CHRISTINE

C'estla foi d'un barbare.

Viens, enfant, viens... c'est moi, qui te veu^con-

Delui puisqu'iUe faut, je t'oserai parler Oui ! tu fus innocente et tu seras heureuse.

Oh! que j'entende encor cette voix généreuse! Vous l'aimez donc aussi?

CHRISTINE

Moi... je l'aime; ô grand Dieu!

MARIANNE

Si vous voulez le voir, il viendra dans ce lieu.

CHRISTINE

Il viendra, dis-tu?

A part-

Non... je la crois... je m'égare.

MARIANNE

Il viendra... pour le voir il faut que je me pare.

CHRISTINE, a part.

Allons, ornons de Heurs les marchesdu tombeau.

A. Marianne.

Eh bien! veux-tu ce voile?

MARIANNE

11 n'est pas assez beau.

CHRISTINE

Ce collier?

MARIANNE

J'en ai là de plus beaux que le vôtre.

Toi? malheur!...

MARIANNE, cherchant à l'entraîner du côté où sont les dîamans.

Venez.

LE PÈRE LE BEL

Dieu les frappe l'un par l'autre.

MARIANNE, même mouvement.

Venez !

CHRISTINE

Je ne veux pas les recevoir de toi.

LE l'tRE LE BEL.

Reine, il vous avertit aussi par votre effroi: Vous pleurez... Dieu sur vous enfin se manifeste.

CHRISTINE

Je pleure cette enfant.

LE PÈRE LE BEL

Dans cette mort funeste Vovez mourir le crime, et lisez l'avenir.

CDRISTINE.

J'y vois que le coupable est encore à punir.

LE PÈRE LE BEL

Quoi! sous la main de Dieu vous rêvez la ven-

C'est le Dieu du pardon. [geance!

CHRISTINE, lui montrant Marianne.

Voyez son indulgence.

LE PÈRE LE BEL

Ce cœur a fui sa loi.

Christine, marchant vers Marianne, qui tient les écrins et les papiers et les tend à la reine. Je la sers aujourd'hui; Dieu punit sans pitié, je frappe comme lui.

Près de Marianne, qui est debout devant la paille.

Tremble, Monaldeschi ! des mains de ta victime Je reçois ton arrêt mortel et légitime ; Et moi... moi... ta victime aussi par mon affront, J'accomplirai l'arrêt et briserai ton front. Malheur ! voici le don que leur main te destine. Donne, enfant... c'est sa mort.

Marianne, avec un cri.

Ah! vous -êtes Christine!

M irianne tombe sur la paille ; Cliristine s'empare desdiauians, traverse la scène et reste en observation près de la table, où elle pose l'ècriu. Landini s'élance près de Marianne, qu'il examine. Il esta genoux.

LANDINI.

Maintenant c'en est fait.

MÉRULA, au père Le Bel.

Donnez-lui le pardon.

LE PERE LE BEL

Dieu seul lit dans les cœurs où manque la raison, Seul juge leurs péchés et seul peut les absoudre. Qu'elle soit en ses mains!

Malheureuse'.... Sa foudre

CHRISTINE A FONTAINEBLEAU

Le jour de ta naissance eût dû t'anéantir.

Ils' assied, la tête dans 1rs mains, sur une escubelle près de Landini.

LE PÈRE LE BEL

Dieu peut-être en son ame a vu son repentir.

11 s'éloigne du lit, de façou qu'il est au milieu delà scène. CHRISTINE.

Vaste et triste leçon !... la barbare ignorance, L'inutile savoir... la froide intolérance, La folie et la mort... voilà l'humanité!... Aussi, briser ses lois avec impunité, Surprendre ses regards, dompter sa calomnie, Dominer et punir... c'est la loi du génie, C'est la mienne.

Elle approche du père Le Bel et lui fait signe d'approcher de même.

Approchez.

Bas et vite.

Je suis seule en ces lieux; Je remets en vos mains ces objets précieux. Suivez-moi, protitons de l'effroi qui les trouble Pour tromper un danger que chaque instant re-

[ double ; Nous pouvons dans une heure être à Fontainebleau.

LE PÈRE LE BEL, bas.

Si la mort avec vous rentre dans ce château, N'y comptez pas.

Christine, de même.

La mort... ou le salut peut être.

Un coupable à vos yeux ce soir y doit paraître; Mais je jure, mon Dieu, que je le veux laisser Sur sa vie et sa mort libre de prononcer; Et, quel que soit l'arrêt, je jure de le suivre. Priez Dieu qu'il se juge être digne de vivre.

LE PÈRE LE BEL

Vous tiendrez ce serment ?

CHRISTINE

II n'en douterait pas.

Venez... sortons.

Ils sortent doucement par la porte du fond. twvw www vv \ m VW VW VW VWWV VW www vwwvwww ww w%

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