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SCENE IV

Les Mêmes, CHRISTINE.

L'orage est à son comlilr, cl la scène est Irès-somltro.

CHRISTINE, entrant impétucuseuf ht.

C'est ici... tremble, infâme.

LANDINI , tremblant et le front courbé. C'est l'enfer!

LE PÈRE le BEL, dans l'attitude d'un homme qui maudit.

C'est le ciel!

curistinx, avec m/pi is.

Lâches, c'est une femme, C'est Christine.

TOUS, excepté Marianne, quiest couchée sans mouvement ; le père le Bel près délie; Christine au milieu; Landini et Mérula a droite.

Malheur!

CHRISTINE

Pourquoi cette stupeur?

Comme un arrêt de mort ce nom vous a fait peur? LANDINI, bas à Mérula.

C'est le nôtre, à coup sûr.

MÉRULA , de même.

D'autant que je suppose Que nous sommes cernés... double enfer !

LE PÈRE LE BEL

Quelle cause Peut conduire Christine en cet humble réduit Si tard?

CHRISTINE, l'observant.

Vous demandez quel motif m'y conduit?

LE PÈRE LE BEL

Sans doute.

CHRISTINE, observant tour à tour Landini et Mérula.

Seule ici; le dire, s'ils l'ignorent, C'est tenter leur poignard.

LANDINI, à Mérula, à voix basse.

Vois, ses yeux nous dévorent.

CHRISTINE, lisant leur inquiétude dans les truits

de Mérula et de Landini.

Lâcbe par sa nature, esclave par ses lois, L'homme tleu l se» regards baissés aux pieds des rois;

CHRISTINE A FONTAINEIJLF.AU.

Avant que son poignard ne monte à leur poitrine, Quel chemin...

Avec un sourire d'orgueil.

Je suis reine et m'appelle Christine.

ALel5el.

Approchez, vous, mon père.

A Landini cl à Me'rula.

Et vous, si pour vos jours Vous cherchez un pardon qu'on n'obtient pas toujours

Quand on a de Christine encouru la vengeance , Par votre repentir gagnez son indulgence, Espcrcz-ln tous deux...

LE père i.k bel, à part pendant que Christine se

tourna vers lui sans perdre Landini cl Me'rula

de vue.

Vois cet enfant, ô ciel!

A sa bouche mourante épargne un nouveau fiel!

CHRISTINE, au péic Le Bel.

Vous m'avez demandé ce qui peut me conduire En ce lieu.., le voici.

LE PÈRE LE BEL, à pari.

Qu'osera-telle dire?

.CHMST1NE, avec un calme et une indifférence

forcis.

Je viens ici chercher des diainans d'un prix

Dont l'orgueil d'une femme est certes moins épris

Que du pouvoir qu'ils ont de la rendre plus belle.

le PEUR le bel, avec sévérité et doute. Eh quoi! ce seul motif en ce lieu vous appelle?

Christine, scellement.

Mes paroles, je crois, n'ont pas d'obscurité.

LE PÈRE LE BEL

Quelquefois le mensonge est sous la vérité.

CHRISTINE

Souvent avec raison ce précepte s'applique; Mais, monsieur, sans détour jecroisquejem'expli- Onasoustraitchezmoide très-riches bijoux, [que. Je dois les croire ici... les y connaissez-vous? Que votre probité réponde à ma demande.

LE PÈRE LE BEL

Plus haut qu'elle souvent la charité commande.

CHRISTINE, avec une légère impatience.

L'opinion est neuve et se peut discuter; Mais ce n'est pas ici le lieu d'argumenter. Dites oui, dites non... réponse aisée et claire.

LE perë LE bel, avec indignation.

Je ne servirai pas votre indigne colère.

Christine, se contraignant à peine.

Je suis calme, mon, père, et vous ne Tètes pas.

LE PÈRE LE BEL

Dieu vous juge là-haut.

CHRISTINE, ironiquement.

Il m'éprouve ici-bas Dans la lutte inégale où votre esprit l'emporte.

LE PÈRE LE BEL

L'enfer vous donne seul celui qui vous rend forte A suivre des projets honteux à révéler.

CHRISTINE

S'il m'en donnait assez pour vous l'aire parler Sur le vol très-honteux qui près de vous m'amène, Je croirais cet esprit de trempe plus qu'humaine.

LU PÈRE LE BEL

Puissé-je vous apprendre...

CHRISTINE

Epargnez-vous ce soin; Si c'est une leçon, je n'en ai pas besoin. Mon père, je vous crois, en morale pratique, Aussi fort que le roi de France en politique; Mais au peu que je sais je demande conseil, Et vos leçons sans doute auraient un sort pareil. Finissons.

A Mérula.

Vous, monsieur, vous qui jouez l'ermite, Si bien que je croirai que monsieur vous imite, Pourrai je dans ce lieu trouver mes diamans?

MÉRULA.

Madame, mon poignard vaut bien des argumens, Et je n'en sais pas plus que si j'étais la reine.

CHRISTINE

Mon service bien vite et bien loin vous entraine. Et vous, n'auriez-vous pas, mon maître en arts

[savans, Pour me les retrouver pris aussi les devans.

LANDINI.

Je voulais seulement tenter un sortilège.

De plaire à tout le monde ils ont le privilège; Mais celle qui les prise à coup sûr mieux que vous, Marianne, je le vois, manque à ce rendez-vous.

LANDINI.

Marianne?

MÉRULA.

Pauvre enfant !

LE PÈRE LE BEL

Reine, votre ironie Vient-elle des mourans poursuivre l'agonie?

CHRISTINE, apercevant Marianne.

Eh quoi! contre la mort cette enfant se débat?

LE PÈRE LE BEL

Puisse Dieu l'accueillir au sortir du combat! Christine, s' approchant de Marianne, qui se lève. Marianne!...

Marianne, se levant.

Me voici... quel sommeil!... des fantômes... Du sang!...

landini.

Dieu ! regardez.

CHRISTINE

Quoi?

LANDINI.

Les mêmes symptômes.., Voyez!...

Quoi donc?

LANDINI.

Ces yeux où s'éteint la raison»

CHRISTINE, regardant Marianne avec effroi. Marianne!

MARIANNE, souriant.

Oui, c'est l'heure.

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