DON LUIS, MARIA, JUANA
juana, entrant par la porte de gauche.
Que vois-je? Dieul c'est elle!
Mariai...
MARIA
Que l'on chasse, et dont la voix t'appelle.
JUANA
Qui donc loin de mes bras peut te repousser?
JUANA
Elle est ma sœur !
DON LUIS
Elle est la maîtresse du roi.
JUANA
Ah! don Luis, votre cœur serait-il implacable? Regardez-la!... Voyez la douleur qui l'accable! Nous pouvions la maudire au milieu d'une cour ; Maria repentante a droit à mon amour 1 Viens , ma sœur ! viens , c'est moi qui prendrai ta
[défense !
Je n'ai point oublié les jours de notre enfance ; J'avais prévu tes pleurs, tes remords, tes regrets , Et mon cœur me disait tout bas que tu viendrais.
MARIA
Oh ! merci, Juana ! merci, ma sœur !
DON LUIS
Peut-être, On aurait dû songer qu'en ce lieu je suis maître, Que j'y commande seul, et...
juana, vivement et en passant près de lui.
Don Luis, taisez-vous !
Sans ma sœur, aujourd'hui, je n'aurais plus d'é-
[poux.
DON LUIS
Quoi?
Par elle aux bourreaux ta tête fut ravie : La chasseras-tu celle à qui je dois ta vie?
DON LUIS
Ah!...
MARIA
Don Luis, si la voix d'une ancienne amitié Ne peut se faire entendre, écoutez la pitié ! Vous ne fermerez point votre heureuse demeure A la douleur qui prie, au repentir qui pleure ; Quand Je viens de mon père embrasser les genoux,
Vous n'élèverez point votre haine entre nous! Dieu voulut des mortels consoler la souiTrance Lorsqu'au rang des vertus il plaça l'espérance! Ainsi que nos erreurs, nos pleurs nous sont comp- Ne me repoussez pas loin d'un père! [téb!
DON LUIS
Restez!
A Juana.
Et vous, à nos périls, à mes desseins fidèle, Ne les oubliez pas en demeurant près d'elle.
Il sort par le fond.
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