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SCENE XIII

LA MARÉCHALE, MARIE DE MÉDICIS

Je vous vais avouer un étrange caprice, Pour que vous en soyez, Léonore, complice: Je vous puis faire part... Nous sommes sans té-

LA MARÉCAALE. [mOÏDS?..-

Écoutez-moi d'abord, un seul instant du moins: Une affaire d'État!... Parlons, je vous en prie, A la régente avant de répondre à Marie.

J'entends: c'est un reproche, et sur mon front joyeux Ma naissance et mon rang se cachent à vos yeux.

LA MARÉCHALE

Faites-les mieux valoir '. Un rival qui nous blesse Accuse impunément notre oubli de faiblesse: Un Luyne à la régente espère succéder !

Le trône est à mon fils.

LA MARÉCHALE

Sachons le lui garder.

Ce Luyne osera tout: plus son crédit augmente, Plus son ambition, plus son orgueil fermente. Croyez-en mes avis: s'il ne tombe aujourd'hui, Demain nos coups perdus n'iront plus jusqu'à lui.

Notre grand-fauconnier est-il si redoutable?

LA MARÉCHAL

Le roi peut-être un jour le fera connétable.

Quel sort, en attendant, lui réserverez-vous?

LA MARÉCHALE

L'exil.

LA MARÉCHALE D'ANCRE

MAH1E DE MÉDICIS.

Qui l'a rendu digne de ce courroux?

LA MAHÉCHALE.

Vraiment! quand l'orgueilleuxà la couronneaspire Quand sous lenomdu roi contre nous il conspire I Veuve du grand Henri, j'y songe en frémissant, Si quelque Uavaillac...

Ah! qu'ils prennent mon sang, Les monstres, qui m'ont fait répandre tant de la maréchale. [ larmes !

Peut-être me livré-je à de vaines alarmes; Mais un pressentiment les venant réveiller. Sur vos jours précieux c'est à moi de veiller; Et je dois conserver, en mon zèle affermie, Une reine à la France, à mon cœur une amie.

Qu'une amie est habile à nous persuader ! A vos conseils aussi, qu'il m'est doux de céder! Celui que la justice au châtiment désigne, Je ne le défends pas.

LA MARÉCHALE, lui présentant un papier.

Eh bien ! signez...

>».iR1E DE MÉDICIS.

Je signe.

LA MARÉCHALE, à part.

Luyne est donc exilé! je n'ai plus de rival !

Mon fils a-t-il reçu monsieur le maréchal?

Madame, je le crois.. . Cette heureuse entrevue Va rendre à ce royaume une paix imprévue ; Mon époux, dont l'envie a suspecté la foi, Sera justifié dans les bras de son roi.

Mais vous mon trerez-vous à mes désirs rebelle? .. Vous connaissez de nom la sorcière Isabelle...

LA MARÉCHALE

La sibylle d'Arcueil? Je dois me souvenir De cette empoisonneuse : oui, je l'ai fait punir !

Elle est là : vous plaît-il d'apprendre de sa bouche , Dans l'obscur avenir, un secret qui vous touche ?

LA MARÉCHALE

On ditqu'aux noirs esprits la lie un pacte affreux, Et l'ignorance craint son pouvoir ténébreux.

D'une noire tristesse hier l'âme remplie, Vous me disiez en pleurs: «Ah! je vous en supplie, » Laissez-moi vous quitter ! que j'échappe au trépas! » Non, des murs de Paris je ne sortirai pas ! » Pour dissiper le deuil dont se voile votre âme, J'ai fait secrètement amener cette femme ; Elle excelle à tirer des horoscopes sûrs : Vous ne douterez plus de vos destins futurs.

LA MARÉCHALE

Mais d'un sort assez doux vos bontés me répondent.

MARIS DE MÉDICIS

Bien que j'abhorre un art que les enfers secondent,

La curiosité se mêle à ma terreur.

Elle v;i ouvrir la porte de son oratoire

Isabelle, venez.

LA MAHÉCHALE, allant s'asseoir.

Que je plains son erreur !

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