SCENE XIV
LA MARÉCHALE, MARIE DE MÉDICIS, ISABELLE
Isabelle, avec mélancolie.
De mes sombres travaux pourquoi m'avoirdistraile? C'en est fait', à jamais j'ai quitté ma retraite!
N'êtes-vous pas ici sous ma protection?
ISABELLE-
J'en aurai grand besoin dans l'accusation D'empoisonnement.
Ciel !
ISABELLE
Qui pèse sur moi... Reine, Que veux-tu maintenant quele démon t'apprenne?
Vos paroles, dit-on, par un charme puissant, Charmentle vague ennui que notre cœur ressent ?
Tu demandes un philtre?
Et l'avenir.
ISABELLE
Ton culte N'est donc point ennemi de la science occulte, Qu'au sortir de la messe... ?
Ah! pas d'impiété!...
On vous a de ma part promis...
ISABELLE
En vérité, j Je m'embarrasse peu de ton or : j'en sais faire... I Çà, donne-moi ta main; le reste est mon affaire.
J Maisce n'estpointpour moi quejevous fais venir.
ISABELLE
! Tu pourrais regretter de savoir l'avenir !
Dans les secrets d'en haut si vos yeux savent lire, La maréchale d'Ancre...
ISABELLE
Eh quoi ! dans son délire, Elle s'adresse à moi!...
Parlez avec respect!
ISABELLE, apercevant la Maréchale.
C'est elle!... je crois voir l'enfer à son aspect ! Voilà l'Italienne à la France funeste!
LA MARÉCHALE
J'excuse ta folie... Éloigne-toi!
ISABELLE
Je reste.
MACASIN THEATRAL.
Eh bien! Galigai, lu vas savoir ton sort!
Dans un moment, îles fers, et dans deux mois, la
LA MARÉCHALE. Illiorl !
Malheureuse!
ISABALLE.
Sais-tu, Galigai maudite, Que naguère par moi ta chute fut prédite? Sais-tu que tes bourreaux, malgré mes cheveux
| blancs, Ont sur ce corps débile usé leurs fouets sanglans, Et que Paris m'a vue, aux affronts condamnée, Sur la claie infamante en spectacle traînée? Ma haine a devancé la haine des Français:... Depuis, ta tyrannie est allée a l'excès, Et le Ciel en est las !
Le Ciel!... Elle blasphème El mérite le feu!
ISABELLE
Le feu t'attend toi-même!
LA MARÉCHALE, allant ouvrir la porte de la galerie.
Messieurs!