‹ Magasin théâtralChapitre 767 sur 1377 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, M. DE LUYNES.

l'huissier.

Monsieur de Luynes!

Tout le monde se lève et se découvre, excepte' Deslandcs. DESLANDES , à part.

Luyne ! Ici que va-t-il faire?

De grâce, couvrez-vous, messieurs, ou je préfère Me retirer...

DESLANDES

Messieurs, mettez, puisqu'on le veut...

M. DE LUYNES

Je viens de voir le roi ; sa clémence s'émeut Pour cette Italienne à vos arrêts livrée, Quand la France respire à peine délivrée : Qu'en dites-vous, messieurs? Sa Majesté déjà Se dispose à sauver celle qui l'outragea !

DESLANDES

Pardonner est d'un roi le plus beau privilège.

M. DE LUYNES

Oui, jusqu'à cette femme impie et sacrilège Le roi très-chrétien daigne étendre sa bonté. Vous, messieurs, agissez avec sévérité.

Un arrêt rigoureux doit effrayer le crime, Bien que Galigaï n'en sera point victime ; Car le roi, satisfait de votre jugement, Remplacera la mort par le bannissement.

DESLANDES

Les lois, monsieur, les lois sont toute notre force. Il n'est pas de pouvoir assez grand, qui nous force De rendre un jugement inique...

M. DE LUYNES

Je le croi ; Mais on explique mal l'intention du roi : C'est vous qu'il a chargés du soin de la vengeance; Ne lui ravissez point celui de l'indulgence. Offrez un grand exemple aux traîtres à venir; Laissez Sa Majesté faire grâce ou punir.

DESLANDES

Faisons notre devoir d'une âme droite et ferme; Notre devoir... Voyez ce que ce mot renferme.

M. DE LUYNES

A votre sagesse, oui, j'aime à m'en rapporter, Et nous verrons l'arrêt que vous allez porter.

Bas à Courtin, qui le reconduit.

La mort! entendez-vous? La grâce qu'elle rêve, Elle l'aura ce soir...

courtin, souriant.

Sur la place de Grève!

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