SCENE IX
LABREDECUE, LORRAIN, Peuple, Bourgeois , Militaires.
plusieurs voix. Le voilà, le voilà!..
non... — si... — pas encore.
ONE voix. Je vous dis que le cortège doit passer à onze heures précises. Voilà l'imprimé.
un monsieur. Il est onze heures un quart.
lorrain. Dites donc, est-ce que vous êtes chargé de faire l'appel , citoyen ? il me semble qu'il est bien libre de sortir quand il voudra.
une femme. On dit que l'impératrice s'est trouvée mal.
lorrain. Je crois plutôt que c'est le pape, moi ; — quand nous avons été au-devant de lui à Avignon , il élait déjà tout malade qu'il m'en a fait de la peine.
UN monsieur. Eh ! non, il se porte trèsbien.
LORRAIN. Ah ! il se porte bien ! c'est donc pour ça que mon officier qui commandait son escorte a eu si peur qu'y ne lui passât entre les mains , qu'il a voulu en donner un récépissé à l'officier de l'autre escorte , — et comme on aurait pu réclamer à Paris mieux qu'il n'avait reçu à Avignon, il a
mis sur le susdit récépissé : — Reçu un pape en assez mauvais état... — "Y oilà comme il se porte bien.
LABREDÈCHE, su /venant. Pas du tout , mon ami, pas du tout; c'est que l'empereur reçoit le sénat : moi je sors du cabinet de l'empereur, rien que ça, et je sais à quoi m'en tenir.
LE peuple. Ah ! v'ià la fenêtre qus s'ouvre.
UN MONSIEUR. Il va paraître; l'empereur va venir au balcon : — le voilà ! le voilà !
labredeciie. Laissez- moi passer.
lorrain. Dites donc , citoyen, vous avez le coude pointu , je ne vous dis que ça.
UNE FEMME. Est-il malhonnête ce monsieur ! . . . vous voyez bien que vous ne pouvez pas passer.
labredèche. Il faut que l'empereur me voie , il faut que l'empereur m'entende...»
tous. Le voilà ! le voilà !
UN enfant. Maman , prends-moi danstes bras, je ne vois pas.
tous. Vive le premier consul!
(Il sain labredeciie. Vive l'empereur!
TOUS. Vive l'empereur !
labredeciie. Vive Napoléon-le-Giand LORRAIN , se découvrant. Vive le génér Bonaparte !
FIN DU DEUXIÈME ACTE