‹ Magasin théâtralChapitre 834 sur 1377 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

NAPOLÉON, Sir IIUDSON LOWE , SANTINI, Us SOUS-OFFICIER.

(Napoléon est sur la cime d'un rocher, regardant l'Océan.;

SIP. IÏLDSON LOWE, sur le devant , parlant à un sous-of/icixr. Si le général Bonaparte vent sot tir à cheval aujourd'hui, comme j'ai reçu de nouveaux ordres de mon gouvernement, vous l'accompagnerez à dix pas de distance ; jamais plus loin.

LE sols-officier. Yes , sir Hudson Lowe.

(Napoléon , pensif, descend du rocher et s'éluigne lentement par la droite.)

siu miDSON LOWE. Rappelez- vous , monsieur, que quiconque essaiera de favoriser l'évasion du général sera puni de mort. Je vous rappelle cela, parce quevous n'êtes dans l'ile que depuis un mois.

LE SOUS-OFFICIER. Yes, sir.

(ITudson Lovve s'éloigne. — Santinî paraît du côté opposé, met le gouverneur en joue ; mais apercevant l'officier anglais , il abaisse son fusil.)

S wri.M , à part. Demonio d'Inglese !. . . (11 se rapproche en chantant.)

t Ma lu ehi sai

» Si so verrai di me. . »

LE SOLS-OFFICIER , qui fa vu mettre en fane Hudson Lowe. Ali! vo'i chassez , sir?..

SANTINI. Oui , l'empereur est si mal nourri que je veux ajouter quelque chose à son dîner.

le sols-officier. Et qu'est-ce que

voï chassez ?

SANTINI. Des petits oiseaux , des alouettes.

LE SOLS-OFFICIER. Yes ! yes ! des alouettes! Vo'i avez i n bel fousil...

SANTINI. C'est un fusil de France.

LE sous-officier. Montrez.

SANTINI. Pourquoi?

LE SOLS-OFFICIER. Je voulé voir s'il être bien en joue... Jy être chassir aussi...

SANTiNi. Ah ! ah !

LE SOUS-OFFICIER. Yes, yes. {Mettant en joue.) Bien ! (// tire dans une tronc d'ar~ lire; la balle Jait sauter des éclats. Il va à l'arbre^ et, avec un routerai, il retire labidle u puis, revenant à Santini : ) Ah! voilà le petit'plomb avec lequel vous tirez les alouettes?... Vous tirez bien , mon ami, si vous tuez à tout coup.

SANTINI. Que veuf dire cela

LE SOIS-OFFICIER. Et pour qui élai,

cette balle ?

MAGASIN nil.ATlt AI..

santini. Pour le gouverneur, et celle bui reste pour moi.

le sous-officier. Pour tuer le gouverneur :'

SANTIM. Vous n'êtes «loue pas Anglais?

le sous-oificieu. Imbécille !

santini. Gomment êtes-vous ici ?

le sous-OFFiciEii.Pour sauver l'empereur.

SANTINI. Vos moyens?

LE SOUS-OFFICIER. Il les saura.

SANTINI. Se ûera-t-il à vous?

LE SOUS-OFFiCIER. Oui.

Santini. Il vous connaît donc?

LE SOLS-OFFICIER. Oui.

santini. Depuis long-tems ?

LE SOUS-OFFICIER. Avant que; tu îiYusses entendu prononcer son nom.

SANTINI. Je le sers depuis sept ans, moi.

le sot s-oi 'TiciEïi. El moi depuis trente, entends- tu?

santim. Et comment lui parlerez-vous ?

LE SOUS-OFFICIER. Je l'accompagnerai à cheval.

SANTINI. Il ne voudra pas sortir.

le sous-officier. |Alor» j'entrerai.

. riNi. Il ne reçoit pas d'ollicii 1 anglais.

le sous-officier. Tu lui diras que j'ai !c mol d'ordre.

SANTINI. Il n'en donne pas.

le so i 1ER. Il m'en a donné nu

à moi.

SAN i i\ï. Lequel ?

LE SOUS-OFFICIER. Toulon et liberté.

SANTINI. Tous êtes Français?

LE SOUS-OFFICIER. Aussi vi.ii que tu es Corse.

santini. Quelle est votre famille?

le sous-officier. Je n'en ai pas.

santini. Etes-vous soldai ?

LE SOUS-OFFICIER. Non.

santini. Mais qui êtes-vous?

LE sous-Officier. L n espion. Va.

santini. Adieu.

L'ESPION. Au revoii .

(Ils se séparent. — Le iliéà i

iPmgtôaixtfine tableau.

La chambre à coucher de Ni: oleon , à ' ongwood. Au fond, à gauche , son lit de fer. A droite, une cheminée où sont suspendus deux portrait* de l'impératrice , et celui <la rui de Home: la cheminée supnurlc aussi un petit buste en maibrc ilu roi de Rome. Du même côte', un canapé encombré de livres, derrière lequel est une porc Vu pied du canapé, du côté de la cheminée, un portrait de Marie-Louise et du. roi de Home Vu-dessus, la grosse montre d'argent du grand Frédéric, laquelle a pour pendant la montre de Napoléon. A gauche, la porte du cabinet de l'empereur. Au milieu un petit guéridon.

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