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Mais, chefs des premières Familles, ils sont aimés et populaires.
LE IUC.
J'ai dit.
En plein jour alors , et sur la place publique... pour faire voir à la Belgique comment l'Espagne tépond à de telles remontrances.
LE DUC
Soit! — Cette ville de Gand! toujours insolente et rebelle. Par le corps du Christ! je la forcerai bien au silence. — A propos , monsieur, voici une nouvelle: le comte tle Lowendeghem, emprisonné depuis vingt-deux ans dans les cachots de l'Inquisition, a trouvé moyen de tromper la surveillance de ses geôliers. Il >'est réfugié en Fiance.
VARGAS, qui s'est levé subitement.
Lowendeghem est libre! Etes-vous sur de cela , monseigneur ?
LE DUC
Il reviendra en Belgique, s'il n'y est déjà.
VARGAS
Je le découvrirai.
le nue.
Cet homme est dangereux ; — vous vous en souvenez bien, monsieur; c'était l'un des chefs de la grande rébellion de Gand, il y a vingtdeux années; l'autre chef se nommait Piûbert d'Arlewelde , digne héritier d'une race de factieux. M. deVargas, vous avez dû le connaître, ce fameux Robert d'Artewelde, vous bourgeois de Flandre, avant que Sa Majesté vous eût anobli !
VARGAS , avec émotion.
En effet , je m'en souviens : d'Arlewelde et Lowendeghem étaient deux amis. Ils avaient échangé leurs épées et communié à la même hostie.
Dans le dernier assaut que je livrai à la ville rebelle , d'Arlewelde fut tué.
LE BOURGEOIS DE GAND
Oui , tué...
LE DUC
Tout porte à le croire du moins , quoique son corps ne fut point retrouvé parmi les mon,
VARGAS
Et Lowendeghem, moins heureux, fut fait prisonnier.
LE DUC
Ah! dans ce temps-là, je n'étais pas seulement heureux comme général, je l'étais aussi comme père.
VARGAS
' àotnme père?
LE DOC
Après huit ans de minage, la duchessed'Albe venait de me donner un fils, et je me flattais qu héritier de mon nom, il me ressemblerait aussi.
VARGAS
Cet enfant, vous l'avez attendu long-temps d'une union que la providence n'avait pas bénie jusqu'alors.
Aveugles que nous sommes dans nos vœux et dans nos regrets! Vous avez perdu autrefois un fils au berceau, monsieur de Vargas, et vous le regrettez encore. Si le sort vous l'a .ait laissé, vous en viendriez peut-être, comme Philippe II et comme moi, à blâmer le ciel d'avoir exaucé vos désirs. (Prêtant l'oreille.) Voici le galop d'un cheval, qui entre dans la cour. Estce déjà le comte d'Egmont?
VARGAS, à la croisée de droile.
Non , c'est le courrier expédié hier vers le prince d'Orange.
LE DUC
Guillaume de Nassau refuserait - il de se rendre à notre conférence?
VARGAS
Sur quel prétexte?
LE DUC
Des prétextes ! on n'en manque jamais. Ah! s'il m'échappe , c'est une. guerre longue et cruelle qui commence , une guerre qui ne seia peut-être pas terminée par nos fils.