LI BOURG. DE SAHD
LE nue.
Il suffit ; vos dépêches...
LE MESSAGER
J'ai juré sur l'Evangile de ne les remettre qu'au duc d'Albe en personne.
LE DUC, se levant.
C'est moi.
LE MESSAGER
Quand j'ai vu monseigneur le duc d'Albe, à Madrid , il portait les insignes de son rang et de sa charge; comment puis-je le reconnaître sous ce costume?
JETTER , qui pendant le dialogue précédent a rangé les cartons dans un casier à gauche.
Voilà un serrurier qui ferait bien de mettre un cadenas à ses lèvres.
LE DUC, marchant au messager.
Votre message, Jéronimo, votre message.
LE MESSAGER , à demi voix.
Seigneur, si vous êtes ce que vous dites, vous devez savoir avec quelles paroles les envoyés de don Philippe et du duc d'Albe se reconnaissent.
LE DUC, sur le même ton.
C'est juste. — Parle.
LE MESSAGER
Ici bas, quoi de plus haut que le trône?
LE DUC
C'est un auto-da-fé.
LE MESSAGER, à haute voix.
Gouverneur des Pays-Bas, voici mes dépêches.
(Il lui remet son message.)
LE DUC, se découvrant.
L'écusson royal; l'écriture de don Philippe... (A part) La voilà, cette dépêche que j'attends avec tant d'impatience et de crainte. — Que m'apporte-t-elle? Est-ce la confirmation de ma puissance? E.st-ce mon rappel? Est-ce la mort? — Jéronimo? quand le Roi vous remit cette lettre, avez-vous observé son visage?
LE MESSAGER
Il m'a parlé avec bonté, et le sourire sur les lèvres.
LE DUC
Il souriait bien à la mort de son fds. — Jetter, conduisez Jéronimo à l'office.
LE MESSAGER , sortant.
Dieu vous garde, monseigneur!
(Ils sortent par le fond.)
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