‹ Magasin théâtralChapitre 919 sur 1377 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHARLES, LEA , le comte DE TOULOUSE , Raymond D'AGILES.

LE COMTE DE TOULOUSE, sortant de sa tente, tout préoccupé. Raymond !

Qu'avez-vous, comte?

LE COMTE DE TOULOUSE

Ah ! quelle nuit! comme elle Marche et va lentement ! c'est la nuit éternelle. Que dit-on de Tancrède et que fait Godefroy? Tiens, j'ai quelque soupçon qu'on veut le faire roi... Roi de Jérusalem. Que nul ne s'y méprenne ; C'est dépouiller le Christ pour le duc de Lorraine. Eaudoin est roi d'Edesse, et c'est bien; Bohémon Est prince d'Antioche, et moi, comte Raymon, Comtenéde Saint-Gile et de Toulouse, en somme Je n'aurai pas la part d'un simple gentilhomme. Ah ! Baudoin a son frère et Bohémon le sien , Et moi je n'ai personne, et partant je n'ai rien ; Charles, que fait-il donc? Charles! dormez-vous?

[ Charles !

( Charles paraît.)

On veille à vingt-cinq ans, levez-vous, comte d'Arles!

Vous êtes l'héritier d'une noble maison

Et vous portez un cœur d'or sur votre blason.

Votre aïeul paternel, qui suivit Charlemagne,

Vour rapporta cela des guerres d'Allemagne.

Il s'agit de savoir , comte , si ce cœur d'or

Se souvient de sa gloire et s'il peut battre encor.

CHARLES , calme.

Mon oncle... mon aïeul ne me voit pas descendre , Et je suis en Asie à l'âge d'Alexandre.

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