SCÈNE II
Les Précédests, CHARLES, LEA, GARRIEL.
(Le peuple poursuit Lea de cris et de pierres. )
ISMAEL , entre le peuple et Lea.
N'avancez pas, vous dis-je encor, n'avancez pas, Car j'étends à mes pieds celui qui fait un pas.
CHARLES , repoussant le peuple de son côté.
C'est une femme ! un jour sur cette même terre Le peuple lapidait une femme adultère Et Jésus dit alors : Que celui d'entre vous Qui se sent pur la frappe. Ils reculèrent tous!
(Ils reculent tous. ) Votre conduite est lâche et cette pierre infâme!...
( Il prend une pierre de la main d'un homme.) Attendez , attendez pour juger une femme ! (Au tiibunal.)
Princes et chevaliers, vous m'avez appelé; Me voici devant vous.
GODEFROY
Quand elle aura parlé.
( A Lea.)
Votre nom ?
LEA
Elea.
GODEFROY
Quelle est votre patrie?
LEA
Jéricho, mais ma mère est née à Samarie.
GODEFROY
Vous êtes sans parents?
LEA
Je suis seule aujourd'hui.
Je les ai tous quittés...
Pour venir aven lui.
GODEFROY
Vous savez cependant que notre loi < hrétienne...
Noble Franc , |e ne sais ni ma loi ni la ti* nne. Lorsque mon père dort je sais étendre auprès Son Coran , ^es parfums et 3on breuvage frais; .le sus les eanz des puits , el le coursiel superbe Hennit quand je rapporte une main pleine d'herbe; Je sais conduire un parc et tissez nos habits Des laines qu'on retranche aux agneaux des hrehis ; Je sais ce qu une fille apprend , je sais encore Les |itières du soir et celles de l'aurore. J'ignore tout le reste, et jusques à ce jour, Nohle Franc, j'étais femme et j'ignorais l'amour.
GODEFROY
Le peuple, est-ce faux bruit ou fausse renommée, Vous accuse des maux que souffre notre armée.