‹ Magasin théâtralChapitre 947 sur 1377 · I EA · texte numérisé non relu

I EA

Ah!

ISMAEL

L'oreille s'offense, Oh! mais le cœur, non. — Comte, à nos derniers com-

[bats!

LE CAMP DES GROISÉS

Vous êtes son époux... vous ne le serea pas !

(Il s'avance sur Lea, nui recule jusque vers son lit.) Savez-vous ce qu'Allah me permet quand il laissi Tant de puissance en lutte avec tanl de Faiblesse... L'homme, qui maintenant serai) un lâche enfin , lu vous <liraii: Je veux , je veux jusqu'à la fin ! Eh bien ! non , je me dis avec l'amour qu'on ro'ôte : Je l'ai sauvée encorde sa plu» grande faute. Femmes! vous n'êtes rien ; vous jouez , voyez-vous , Et vos vertus, c'est nous, ei vos f.mtes, c'est nous ! GABRIEL entre; il soulève la portière, aperçoit Ismaël , et

se sauve en criant :

Oh ! comte !

LKA.

Gabriel !

ISMAEL. Il ouvre fie partout.

Qu'il vienne, ouvre/, la porte.

LEA , avec terreur.

Ah !... si le comte entrait !

ISMAEL

Il vous trouverait morte.

LEA. Elle se jette à genoux.

Ah ! je vous le demande à genoux... tuez-moi !

ISMAEL. Il se détourne et pleure.

Le ciel en le voyant s'abaisserait sur toi.

LEA , à genoux.

Il me trouvera morte... Oh! le voulez-vous? dites... Vous prononcez tout bas des paroles maudites... Si c'est mon châtiment, s M faut vous implorer...

ISMAEL

Pour votre châtiment... regardez-moi pleurer !

LEA

Vous êtes chez le comte, Ismaël... Ah! je tremble, Et ledernier malheur, c'est qu'il noustrouveensemismael. [ ble.

Il te reste un instant qui te sauve ou te perd. Ils ont pris la Judée... il reste le désert , Lesgrandschemins, les monts,et moi, ma vie entière, Mon amour à tes pieds, et sous tes pieds la terre. Veux-tu fuir, dis?

LEA . Elle se réfugie vers son prie-dieu.

Agar s'enfuyait aussi ; car C'est vous qui l'avezdit...je suis donc comme Agar !

ISMAEL

Veux-tu... j'ai bien aimé, j'ai bien souffert, peut-être Tu voulais voir, qui sait? attendre et me connaître... Eh bien ! donc...

LEA , avec dignité.

Ismaël, le comte est mon époux.

ISMAEL

Et je suis ton amant.

LEA. Elle pleure et cache sa tète dans ses mains.

Taisez-vous, taisez-vous!

ISMAEL

Des hommes sont là-bas qui gardent cette issue, Et nous sommes sauvés...

LEA

Et moi, deux fois perdue.

( Elle se dresse sur son prie-dieu et met la main sur s;i Bible. )

Je jure sur ce livre, Ismaël... et voilà

La Mère de son Dieu... Frappez, je mourrai là.

ISMAEL , froid.

Alors, je Fuirai seul... j'irai dire à ta mère Que tu l'as reniée avant moi la premier* A ton père, un vieillard que tu devais bénir»..

LKA.

( ) ma mère ! pardon !

Le comte va venir...

A ton |nrc, un vieillard qui meurt seul, sans famille, Et pleure à son foyei en attendant sa fille, Je lui dirai : Vieillard, vous la pleurez en vain. LEA.

O mon père '. pardon '.

Page 1