‹ Magasin théâtralChapitre 983 sur 1377 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

FABIUS, seul.

Ils m'ont tons quitte?. Déjà plusieurs messages ont été échangés entre le château et la chaumière, sans qu'un mot soit venu pour moi, ni de ce château où demeure celui qui est mou père, sans qu'une parole m'ait été apportée de cette chambre où s'est enfermée ma tuer", et dont elle m'a fait interdire l'entrée. Et cependant le comte de Matta a écrita la marquise d'Esgrigny, et celle-ci lui a répondu. Ils arrangent sans doute le pardon du passé. C'est cela; ma sœur, la iille du marquis d'Esgrigny, épousera mon frère, le fils du comte de Matta, et tout sera oublié, tout, même moi, a qui n'appartient aucun de ces deux noms, qui sont ceux démon père et de ma mère... même moi, qui ne veux pas rester entre eux comme un souvenir vivant de honte. Ah ! oui, pour que tout soit oublié, je suis de trop ici, leur abandon me le dit assez. Soit, mon Dieu; qu'ils ne m'y retrouvent pas! Je partirai, je partirai sans revoir mon père :i|ue j'ai menacé, et sur qui j'ai levé la main; sans revoir manière, qui m'a maudit. Voici le jour qui vicia, il est temps. [Il prend son bâton.) Mon Dieu, je vais aller devant moi à l'aventure, sans famille, sans non'., sans amitiés: secouiez-moi dans cette route pénible que je vais parcourir, et faites que je l'achève sans avoir légué à personne ni un malheur ni un remords. Allons! encore quelques heures, et il ne restera de moi Jans ces lieux que le souvenir d'un malheureux qui aurait mieux fait de ne pas être. Encore quelques jours, et ce souvenir ne sera peutêtre plus dans le cœur de personne , pas même dans le sien. Vous m'oublierez aussi, Fanny, comme un insensé dont vous avez eu pitié. Elle : du moins, si je pouvais la revoir... Oh! non, je ne Le veux pas... peut-être sait-elle déjà la vérité, et peut-être elle se détournerait de moi avec horreur. Oh! je ne veux pas de ce dernier désespoir. Oh! pardonnez-moi, mon Dieu, d'espérer que quelqu'un dans ce monde ne me maudira pas! Ah : si je n'emportais pas cette foi dans mon ame pour me soutenir dans cette voie de douleur où je vais marcher seul, je sens que je tomberais sans force sur le seuil de cette porte sans pouvoir *• franchir. (Il prend son paquet.) Adieu, vous que j'ai appelées ma sœur et ma mère, et qui rougissez maintenant de ce nom; adieu, ma pauvre maison, où je me suis trouvé malheureux, insensé que j'étais. Adieu, adieu.

't;>.!i:iHni vers le fond.

SGEJNE II.

Page 1