SCENE PREMIERE
MARIANNE, HENRI, JEANNETTE , BIRO- TEAU, Gens de la ferme et du village.
Marianne est assise à la gauche du théâlre. Henri est près d'elle, d'un côté; Jeannette est à sa droite; plus loin, Biroteau. Derrière et rangés en demi-cercle , les paysans et paysannes. Au lever du rideau. Henri a remis ton bouquet à Marianne.
Marianne, lui errant la main.
Qu'as-tu donc, mon ami? ta main tremble.
HENRI
Ce n'est rien, ma mère, ce n'est rien.
lui fait signe qu'il ne peut s'expliquer devant tout ce monde.
jeannette, à Biroteau, qui veut passer.
Un instant, cousin, un instant; après Henri,
.MAi.ASLN TIli'.ATKAL.
c'est moi qui suis la plus proche parente, et je n' veux pas vous céder mon tour. V la mon bouquet, ma tante, avec deux bons gros baisers, si vous voulez 1' permettre. J' vous aurais ben dit un compliment; mais j'ai réfléchi qu' monsieur Riroteau en avait sans doute préparé un...
BIROTEAU
Certainement qu' j'en ai préparé un, et soigné encore !
JEANNETTE
J'en étais sûre. L* fait est qu'en sa qualité d'épicier d' l'endroit et de caporal de la garde nationale, par état, il doit avoir de l'éloquence. Je n' serais pas étonnée de 1' voir un jour député d' Gonesse!
BinOTEAU.
Vous allez encore recommencer! Faites-la donc Cnir, dame Marianne.
Jeannette I
JEANNETTE
C'est dit, je m' tais. Allons, à vous maint'nant, m'sieur l'orateur... tâchez qu'ça soit beau, et pas long, surtout.
Elle lui cède sa place.
BIROTEAU
Dame Marianne, c'est aujourd'hui un jour....
JEANNETTE
Mais, dam!...
BIROTEAU
N' coupez donc pas, cousine, c'est insupportable ! Je dis un jour heureux, puisque c'est le jour. Marianne, se levant.
C'est bien, c'est bien, cousin... mais nous avons encore beaucoup à faire, voyez-vous, pour la réception de Mme la marquise de Roubigné et de ma bonne petite Julie, sa fille, qui viennent aujourd'hui dîner à la ferme, comme les autres années. Faut dresser la table dans le verger, disposer la grange pour la danse... d'autres choses encore... donnez-moi donc tout bonnement vot' bouquet, j'aime autant ça.
JEANNETTE
Et nous donc!
BIROTEAU
Plaît-il î
JEANNETTB.
On vous dit d' donner vot' bouquet. ( Aux autres.) Nous en réchappons d'une belle! vive Marianne!
TOUS , tendant leurs bouquets.
Vive Marianne!
MARIANNE
Merci, mes amis, merci. Portez ces fleurs dans le verger; vous irez ensuite au-devant deMme la marquise.
JEANNETTE
Oui, ma tante. {A part.) Quoi donc qu'ils ont tous deux? {Haut.) Est-c' qu'Henri ri' vient pasT
MARIANNE
Non, il faut qu'il reste avec moi pour terminer notre compte de fermage.
JEANNETTE
C'est différent. ( A pari. ) lien sûr, il y a quelque chose. .. j' saurai ça. (Haut à Biroleau.) Allons, donnez-moi 1' bras, vous, puisqu'il n' peut pas venir.
Elle entraîne Biroteau, rt ils sortent tous jiar la porte ilu fond.
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