‹ Magasin universel (volume 2)Chapitre 48 sur 187 · PRESSE HYDRAULIQUE · texte numérisé non relu

PRESSE HYDRAULIQUE

La presse hydraulique , aujourd'hui indispensable dans un grand nombre de fabriques et d'industries , doit ses avantages à la pression puissante qu'elle peut exercer par suite d'un effort en proportion très peu considérable; cette ingénieuse machine dont nous donnons une esquisse dans ce numéro, est fondée sur la loi de la nature, suivant laquelle la pression se transmet à travers tous les fluides ; loi, dont la découverte due à Pascal, a définitivement été rendue utile à l'industrie par un artiste anglais nommé Brahma. Avant de décrire la presse hydraulique, expliquons comment, en appliquant le principe de Pascal,

lr "■ -

on peut, avec' un faible effort, obtenir un effet considérable. Supposons pour cela un vase formé de deux branches cylindriques, de grandeur inégale, réunies par un petit canal e, et dans chacune de ces branches un piston pouvant se mouvoir de haut en bas, mais fermant tout passage à l'eau contenue dans le vase ; supposons aussi que la base du petit piston d soit cent fois moins grande que celle du grand C, si à la tige b on applique un poids d'un kilogramme, l'eau nécessairement sera pressée, et comme elle ne peut ni s'échapper, ni diminuer sensiblement de volume, cette pression , d'après le principe de Pascal, énoncé plus haut, sera transmise sur toutes les parois du vase, ainsi que sur le grand piston C ; c'est-à-dire qu'à un endroit quelconque de la paroi, aussi grand que la base du petit piston, la pression sera d'un kilogramme. Or, nous avons dit que c était cent fois plus grand que d, par conséquent, la pression d'un kilogramme lui sera transmise cent fois, il montera donc avec une force de cent kilogrammes, ou ce qui est la même chose, si cent hommes poussaient le grand piston, ils ne pourraient faire remonter le petit retenu par un seul homme; dans cet exemple, la force serait donc centuplée. Si on se représente maintenant la tige a supportant un plateau destiné à dresser une matière quelconque, on aura en entier le principe sur lequel repose la presse hydraulique, et on comprendra parfaitement sa grande utilité. Elle se compose en effet, au lieu d'un vase formé de deux branches, d'une pompe et de la presse proprement dite, réunis par un tuyau, ce qui , sauf la construction, revient tout à fait au même. Dans la figure 3, nous avons réuni tout ce qui a rapport à la pompe ; le petit piston ou cylindre c, est muni supérieurement d'un levier qu'un homme fait mouvoir ; lorsqu'on le baisse, et qu'on soulève par conséquent le cylindre c, le vide s'opère dans le corps de pompe ; la soupape h s'ouvre , et l'eau est aspirée par le tuyau k dans une bâche bb, pleine d'eau. En baissant maintenant le levier, l'eau pressée referme la soupape h, soulève la soupape i, et se rend par un petit tuyau (dont l'embouchure est indiquée par un petit cercle noir), dans un grand cylindre creux f, fig. 2 , un second cylindre g qu'il renferme , et qui peut s'y mouvoir, sans cependant laisser aucune issue, reçoit l'action de l'eau , et comme son diamètre est beaucoup plus grand que celui du piston c de la pompe, l'effort appliqué à ce dernier, produit, d'après ce que nous avons dit, un effet considérable. Le cylindre g soutient un plateau c,sur lequel la marchandise est placée. En montant avec une grande force, il la presse contre un second plateau aa , tout en fonte, et soutenu de chaque côté par deux colonnes de même métal, creuses à l'intérieur. Pour empêcher que ce plateau aa ne se déforme et ne se soulève, il est consolidé par deux côtes ii, et il est retenu par quatre tiges en fer kk, traversant les colonnes creuses b, et se fixant à la partie inférieure de la presse.

Le cylindre f et les colonnes sont supportés sur un bâti en fonte /*, qui lui-même repose sur deux plaques g, fig. 2 , allant se boulonner sur des pièces de bois

VP

Lorsque le pressage est terminé, en tournant une vis f, fig. 3, on ouvre une soupape ; l'eau qui est dans le grand cylindre s'écoule par le tuyau <j , et la pression n'existant plus, le piston g et la matière pressée qu'ils supportent descendent.

Ce qui présentait le plus de difficultés dans la construction de la presse hydraulique, était d'empêcher l'eau de s'échapper du cylindre/', afin d'utiliser toute son action. Brahma y est parvenu en plaçant dans une rainure o, pratiquée tout autour et à l'intérieur de ce cylindre , une bande de cuir repliée de manière à ce qu'elle puisse s'appliquer en même temps contre le piston g et le cylindre f; et c'est ce que fait avec beaucoup de force l'eau même, qui se ferme ainsi toute issue.

Un élément de puissance delà presse hydraulique, que nous n'avons pas indiqué jusqu'ici, est la longueur du levier qui fait mouvoir le petit piston de la pompe fig. 3. Plus ce levier sera grand et plus aussi le sera l'effet obtenu. Un exemple que nous allons donner, montrera l'importance de ce levier. Supposons qu'un homme soit employé à pomper, et qu'il produise un effet de vingt kilogrammes; si le petit piston, qu'il fait mouvoir a une base d'un centimètre, et que le grand en ait une de cent, il en résultera, d'après ce que nous avons dit au commencement de l'article, une force de deux mille kilogrammes. Si

maintenant la partie du bras de levier que lient l'homme est dix fois plus grande que celle comprise entre le point d'appui de ce même levier, et le petit piston auquel il est attaché, au lieu de vingt kilogrammes, on aura une force de deux cents, qui produiront alors une pression de vingt mille kilogrammes. Comme on le voit, on pourrait, avec un effort peu considérable, obtenir quel effet on voudrait; mais cette puissance qui pourrait s'étendre indéfiniment, est contre-balancée par une autre loi qui lui donne des limites ; savoir : que pour un même effort, plus l'effet sera grand, et plus aussi le temps employé à le produire le sera. Ce principe trouve ici, comme partout ailleurs, son application. Ainsi, plus on diminuera le petit piston, et plus aussi la pression sera lente à se produire, car à chaque coup de pompe il n'entrera dans le grand cylindre qu'une quantité d'eau très faible. La même observation a lieu pour le levier , plus il sera long et moins en un même temps on pourra donner de coups. Pour cette raison, la plupart des presses hydrauliques sont munies de deux pompes , dont l'une ayant un piston assez gros, sert jusqu'à ce qu'elle rencontre! trop de résistance; lorsque cela arrive, on fait mouvoir l'autre pompe dont le piston est beaucoup plus petit. Au lieu de deux pompes, on peut aussi avoir deux leviers, l'un plus grand que l'autre, ou bien un seul pouvant changer de longueur C. K.vm.

Presse hydraulique.

Page 1