ÉGLISE DE POKROVKA A MOSCOU
Les églises russes présentent en général une particularité qui frappe tous les étrangers, parce qu'ils ne la retrouvent pas dans le reste de l'Europe ; c'est le nombre et la forme singulière des coupoles. Jusqu'à présent l'on n'est point tombé d'accord sur l'origine de cet ornement. Le prototype de ces coupoles bulbeuses ne se retrouve ni à Sainte- Sophie de Constantinople, ni dans les plus anciennes églises qui subsistent dans la Grèce, l'Asie-Mineure etl'Archipel. Quelques historiens en ont voulu chercher l'origine dans la Chine; d'autres ont supposé, avec quelque vraisemblance, que c'était dans l'Asie que devait s'en trouver le modèle, et c'est peut-être à tort qu'on leur a objecté que les Ta tars, conquérants et nomades, habitants des camps et non des villes, n'avaient guère été en état d'enseigner l'architecture aux peuples qu'ils subjuguaient. Il est certain qu'on voit en Perse des tombeaux surmontés de cylindres couronnés de coupoles dont la forme se rapproche de celles de la Russie. Enfin, en résumant tout ce qui a été dit sur l'architecture des églises de Moscou, on peut conclure que le vase de ces églises est byzantin, que les coupoles ont été empruntées à l'Orient, et que les ornements d'architecture forment un genre mixte, qui a été modifié dans le goût du siècle auquel appartinrent les architectes italiens ou allemands qui construisirent ces édifices. Nous joignons ici une gravure représentant l'église de l'Assomption, bâtie à la Pokrovka, sous le règne de Boris Godounoff. Cette église, l'une des plus belles de Moscou, offre dans son architecture un mélange gothique et italien d'une grande élégance, et une légèreté difficile à obtenir dans une construction en briques. Les coupoles nombreuses et s'élevant à diverses hauteurs dessinent une pyramide d'un très-bel effet. L'architecte Bajanoff, si célèbre sous le règne de l'impératrice Catherine II, faisait beaucoup de cas de cet édifice.
La rigueur du climat de la Russie ne permet pas qu'on y donne aux églises les grandes dimensions de celles de l'Occident, et c'est par le même motif qu'il en est plusieurs qui ont deux étages, dont l'un est susceptible d'être chauffé.
A. S. à Moscou.
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