‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 210 sur 242 · MARIE-THÉRÈSE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

MARIE-THÉRÈSE D'AUTRICHE

Reine de France.

(Voir le portrait, page 373.)

L'hymen du jeune Louis XIV et de la fille du roi d'Espagne, Philippe IV, avait formé l'une des bases du fameux traité des Pyrénées. Conclu le 3 juin 1660, cet hymen tout poétique s'était consommé le 26 août suivant. Pour donner une idée du caractère et de l'esprit delà femme du grand roi, il suffit de rappeler sa réponse à une Carmélite qu'elle avait priée de l'aider à faire son examen de conscience. La religieuse lui ayant demandé si, en Espagne, dans sa jeunesse, elle n'avait pas éprouvé l'envie de plaire à quelque seigneur de la cour de son père : Oh! non, dit elle, il n'y avait point de rois. En apprenant la mort de Marie Thérèse, Louis XIV dit : « Voilà le premier chagrin qu'elle m'ait donné. » Peut être ce motlui était-il inspiré par un triste retour sur lui-même. Le moi al Louis XIV ne garda pas la foi conjugale aussi longtemps que le peu moral Louis XV. Avant que la première année de mariage se fût accomplie,

le volage époux adorait publiquement mademoiselle La Vallière, et la pauvre reine donnait à la douleur les heures du jour et. de la nuit que le roi donnait au plaisir. A La Vallière succéda madame de Montespan ; madame de Maintenon seule adoucit la pénible situation d'une femme, dont toutefois les chagrins ne finirent qu'avec la vie.

Marie-Thérèse d'Autriche mourut le 30 juillet 16.83.

Page 1