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CONTRE LES ALBIGEOIS

(rr article.)

Le Languedoc, un des fiefs les plus puissants du royaume de France, était pour ainsi dire resté eu dehors du grand mouvement politique, qui au corn-

mencement du xme siècle, centralisa l'autorité suzeraine. Les rapports de féodalité ne s'étaient point modifiés ; les seigneurs territoriaux conservaient la même indépendance, leur privilège de législation et de gouvernement, sans que la royale famille des Francs exerçât une plus grande influence sur les populations du midi des Gaules. Cependant l'hérésie des Albigeois fut l'objet d'un drame sanglant que nous nous proposons de retracer ; tristes scènes qui devaient amener, par l'extermination de toute une race d'hommes, la domination momentanée des enfants du Nord sur cette belle terre.

Les premiers symptômes d'hérésie dans le Languedoc remontent à lf 47. Un clerc du nom de Henri (î), de concert avec un autre clerc, Pierre de Bruys, parcoururent le Dauphiné et la Provence ; dans leurs prédications, écoutées avec passion par le peuple, ils rejetaient une grande partie de l'Ecriture sainte, et tout l'Ancien Testament ; ils ne voulaient point d'église, point de sacrements, pas plus le baptême que l'eucharistie. Ces deux hérésiarques furent poursuivis par Pierre le Vénérable, et condamnés au supplice du feu. Mais l'hérésie n'en avait pas moins fait d'immenses progrès, si bien qu'à l'instigation du pape Eugène III, saint Bernard quitta sa pieuse solitude de Clairvaux pour entreprendre la conversion des nouveaux mécréants. Il écrivit au comte de Toulouse pour lui annoncer son dessein. Saint Bernard a peint avec toute la pompe de son style religieux le triste état de la foi catholique dans le Languedoc: « On y voit des églises sans peuple, un peuple sans prêtres et des prêtres sans ministère ; on ne célèbre pas les fêles, les chrétiens meurent sans sacrements et on refuse le baptême aux adultes. Des hommes qui enseignent de telles erreurs peuvent-ils venir de Dieu, et l'on dit cependant qu'ils ont un grand nombre de serviteurs ! »

En effet, la prédication de saint Bernard dans le Languedoc ne fut point heureuse, et quoiqu'il prêchât tous les jours publiquement, quoique les sectateurs avoués de l'hérésie ne fussent que de simples ouvriers, il ne put persuader personne, et à la fin de sa prédication il dut se convaincre qu'un grand nombre de notables habitants professaient en secret les doctrines hérétiques. A Verfeuil, petite ville à quatre lieues de Toulouse, le défenseur de la foi orthodoxe reçut une triste leçon. Il y avait cent maisons de chevaliers, tous fauteurs d'hérésie, et saint Bernard voulut porter un coup fatal à l'erreur en prêchant au milieu de ces nobles hommes. A peine avait-il commencé sa vive oraison, que tous, chevaliers et bourgeois, quittèrent l'église, et lorsque le saint homme se présenta sur la place publique, on se prit à rire et l'on se retira. Le lendemain les hérétiques causèrent tant de bruit, que personne ne put rien entendre, et saint Bernard se vit contraint d'abandonner le château de Verfeuil. Le prédicateur zélé dirigea ensuite ses pas sur Alby ; tous les habitants avaient embrassé l'hérésie. Le légat du pape, qui précédait saint Bernard, s'avança vers la ville; mais, spectacle désolant pour les orthodoxes! les citoyens vinrent au devant de lui montés sur des ânes en signe de mo-

(1) De là le nom de Henriciens, que l'on donna d'abord aux hérétiques: ou les nomma plus tard Albigeois, parce qu'ils furent condamnés au concile de Loinbers dans l'Albigeois, j

querie; ils tenaient des propos joyeux et chantaient des chansons populaires contre les clercs.

Les Albigeois nereconnaissaientniprêtres, ni hiérarchie ecclésiastique, lisse divisaient en deux catégories ; les uns prenaient le titre de parfaits, et les autres celui de croyants. Les parfaits étaient vêtus de noir, observaient la plus sévère chasteté, détestaient l'usage des viandes, des œufs et du fromage. Les croyants n'atteignaient point encore cette perfection ; ils vivaient dans le siècle, et plaçaient leurs espérances de salut dans les exhortations et la conduite exemplaire des parfaits. Quelles que fussent les prédications constantes des prêtres, l'hérésie faisait sans cesse de nouveaux progrès, non-seulement parmi les classes simples delà campagne, lesbourgeois des villes, mais encore chez la plupart des chevaliers et des barons. Le comte Raymond lui-même, le seigneur de tant de terres dans le Languedoc, favorisait ouvertement ces croyances. On disait qu'il ne quittait point les hérétiques et se nourrissait nuit et jour de leurs enseignements. Il y en avait sans cesse auprès de sa personne, afin de mourir entre leurs mains si la maladie le prenait. Le comte annonçait hautement qu'il élèverait son fils dans cette réforme religieuse, et il offrait de l'argent à ses serviteurs, à ses amis qui voulaient quitter les croyances orthodoxes.

On rapportait parmi les prêtres catholiques certains mots du comte de Toulouse qui faisaient présumer l'ardente protection qu'il accordait aux nouvelles doctrines. Un jour Raymond attendant avec impatience quelques serviteurs qui n'arrivaient pas à son gré, s'écria : « Il appert clairement que le diable a fait ce monde, car rien ne nous réussit à souhait. » Etant dans une église, ce Raymond, qui avait habituellement en sa compagnie un certain mime et bouffon, raillant les autres, selon l'usage, par gestes et grimaces, lui dit, au moment où le prêtre se retournait vers le peuple pour le Dominas vobiscum: « Arnal, contrefais-moi ce diôle-là; » et aussitôt le bouffon fit geste à la manière des histrions, et tout le peuple se prit à rire. 11 jouait une autre fois aux échecs avec son chapelain, et il lui dit: « Maître Pierre, le Dieu de Mo'ise, en qui vous croyez, ne pourra vous aider en ce jeu ; et quant à moi, que jamais ce Dieu me soit en aide, je n'en veux pas. » Il estpossible sans doute que les chroniqueurs catholiques aient exagéré la ferveur hérétique du comte Raymond; mais il n'en était pas moins vrai qu'à Toulouse, Béziers, Alby, et dans tous les châteaux du Languedoc et de la Pjovence, les hérésies trouvaient appui et protection absolue.

Cette situation du Languedoc, l'exemple d'émancipation qu'elle pouvait donner à l'univers catholique, occupaient vivement les pontifes. Après l'inutile prédication de saint Bernard, la cour de Rome ne désespéra point cependant de faire rentrer toute cette grande population sous son autorité. Dès que la tiare eut touché la tête d'Innocent III, son génie hardi comprit le danger qui menaçait la suprématie romaine ; toutes ses pensées se portèrent sur l'hérésie du Languedoc; il délégua frère Régnier et Pierre de Castelnau, pour visiter la province ; il leur adjoignit Diego de Azèbe, évêque d'Osma en Espa;;ne, et Dominique, sous-prieur de son église, moines austères et fanatiques; ceux-ci proposèrent aux légats de

prêcher nu-pieds et de donner ainsi l'exemple de la vie des cénobites; mais les envoyés de la cour de Rome dirent: « Oh! nous ne le pouvons! ce serait une nouveauté. » On parcourut donc les provinces avec les pompes cléricales. Des désaveux^ des conversions de bouche furent obtenus, mais les hérésies n'en restèrent pas moins dans toute leur force; elles trouvèrent faveur et protection parmi les chevaliers et bourgeois, si bien que durant cette prédication, les laïques, pris pour juges sur des points de foi, communiquaient les mémoires des prédicants catholiques aux fauteurs d'hérésie pour faciliter leurs réponses. Cette situation des esprits étant bien constatée, le légat Castelnau fulmina l'excommunication contre le comte de Toulouse, et jeta l'interdit sur toutes ses terres.

La guerre étant ainsi déclarée entre la cour de Rome, les seigneurs et les peuples du Languedoc,

le pape se hâta d'écrire au comte de Toulouse et de le menacer de toute son indignation : « A noble homme, Raymond, comte de Toulouse. Si nous pouvions ouvrir votre cœur, nous y trouverions les abominations détestables que vous avez commises. Quelle est votre folie, homme pernicieux! vous êtes déjà à charge sur la terre, voulez-vous l'être encore à Dieu? Ne rougissez-vous pas d'avoir violé le serment prêté de chasser les hérétiques de vos fiefs? Nous confirmons la sentence prononcée par nos légats. » Le comte Raymond se soumit un moment aux ordres du pape ; mais le légat n'étant pas satisfait du zèle que déployait le comte dans la poursuite des hérétiques, vint à Toulouse dans des transport ; de colère, et, en présence des barons du Languedoc rassemblés, il le traita de tyran et l'excommunia de nouveau. Raymond conserva beaucoup de sang-froid , mais il fit prier le légat et ses collègues de quitter

( Marie-Thérèse d'Autriche.)

la ville et de se retirer à Saint-Gilles. De plus en plus irrité, Pierre de Castelnau déclara qu'il abandonnait le Languedoc, et se mit en route avec ses collègues. Les bourgeois de Saint-Gilles lui donnèrent une escorte de leurs hommes, car Raymond avait dit : ■< Ils m'ont trop fait de mal ; il faut que je me débarrasse d'eux. » Arrivés sur les bords du Rhône, au moment où Pierre se disposait à passer le fleuve, un chevalier qui l'avait suivi et s'était logé avec lui dans la même hôtellerie, lui asséna par derrière un grand coup de sa rapière qui le transperça d'outre en outre. Le légat, se sentant mourir, donna des ordres à ses clercs, récita quelques prières et expira.

On ne peut dire si le comte de Toulouse trempa dans cet attentat ; les haines que le légat avait soulevées par sa conduite hautaine pouvaient toutes seules exciter des ennemis personnels, et il est bien possible que quelque sectateur des doctrines nou-

velles ait été poussé par son zèle, sans aucune autre inspiration. Quoi qu'il en soit, le pape jeta tout le poids de ses colères sur Raymond, comte de Toulouse, et son autorité catholique, méconnue d'une manière si nouvelle et qui pouvait devenir si fatale, recourut à un moyen extrême. Il résolut de faire prêcher contre les Albigeois une croisade dans les mêmes termes et avec les mêmes moyens que pour les grandes expéditions contre les infidèles turcs et sarrazinois.

Après avoir décrit la triste mort de Pierre de Castelnau, Innocent III déclara aux archevêques d'Arles, de Toulouse, d'Aix et de Vienne, qu'il accordait une indulgence plénière à tous ceux qui entreprendraient de venger le sang du juste sur les hérétiques; le légat Milon et l'abbé de Cîîeaux furent chargés de prêcher la croisade dans tout le royaume de France. Ils s'acheminèrent vers la cour plénière du roi Philippe, alors réunie à Villeneuve-

le-Roi. Ils étaient revêtus des insignes de légat et de tout l'appareil des pompes cléricales; partout sur leur passage, ils furent l'objet des respects et de l'hommage des populations; les chevaliers vinrent au-devant d'eux et lesaccueillirent avec honneur. Les légats exposèrent le but de leur mission, remémorant au roi et aux princes les lettres pressantes du pape qui les appelaient au service de là religion contre les rebelles et hérétiques du Languedoc. Le roi répondit avec grand calme : « Seigneur légat, bien avez fait de compter sur moi pour secourir notre sainte rilère l'Eglise, mais j'ai à mes flancs deux grands et terribles lions, lesquels, de leur côté, travaillent à porter troubles et zizanies au royaume de France ; ainsi d'aucune façon ne veux sortir ni laisser aller mon fils. Quant à mes barons, je leur octroie licence et permis d'aller contre les hérétiques et seconder sainte Eglise. » Alors les barons s'écrièrent: « Bien dites, sire roi ; allons châtier la méchante et perverse race des Provençaux! allons faire cesser les complaintes et propos malicieux contre l'apostole de Rome ! »

Pour s'expliquer l'enthousiasme qui saisit toute la race des barons francs contre les Provençaux Albigeois, il faut répéter que l'esprit religieux du temps était ici secondé par les différences caractéristiques qui distinguaient les populations, différences qui étaient loin encore d'être effacées. Le Languedoc ne faisait point partie de la France ; il y avait antipathie entre la race franque du nord et les populations du midi ; chacune conservait le caractère distinctif de son origine. L'an de l'incarnation 1209, aux environs de la fête Saint- Jean-Baptiste, les croisés s'acheminèrent vers Lyon ; leUr nombre s'élevait, disait-on, à cent mille, bien couverts de fer, et portant des croix sur leur casque, pour se distinguer des croisés d'outre-mer qui les avaient cousues sur leur cuirasse. Les chefs principaux étaient Eudes, duc de Bourgogne, le comte de Nevers, le comté de Saint-Pol, celui de Bar-sur-Seine, et le coini'é 'de Montfort. Au-devant d'eux marchaient, précédée ae la croix des pontifes, l'archevêque de Sens, les évoques d'Autun et de Clermont.

Le comte de Montfort, dont le nom est tristement célèbre dans cette guerre des Albigeois, était fils puîné de Simon, comte de Montfort, et d'Amélie, comtesse de Leicester. Il possédait la petite seigneurie de Montfort-l'Amaury, située sur Une montagne entre Paris et Chartres, et du chef de sa mère le comté de Leicester. Son caractère était ardent et son courage indomptable. Il avait été un des champions ' les plus hardis de la croisade de 1201, et suivit les chevaliers de France au siège de Zara. Durant cette expédition, Montfort s'était montré le constant défenseur des intérêts et des volontés du pape ; au siège de Constantinople il avait quitté les croisés, et était passé au service du roi de Hongrie ; puis il revint dans la Palestine servir cinq ans contre les infidèles. Il arrivait à peine en France de ses longs pèlerinages, et il accepta avec ardeur le poids d'une nouvelle expédition qui pouvait ajouter à sa petite baronie de Montfort-l'Amaury, les fertiles campagnes du Languedoc.

Ce fut à Lyon que le légat Milon passa les croisés en revue sous les gonfanons à mille couleurs. On

pouvait voir réunis tous ces hommes de la race franque, les Flamands, les Normands et les Bourguignons; ils portaient le bourdon de pèlerin à la main, en même temps que leur armure de fer. Ils élurent pour leur chef suprême, Arnaud, abbé de Cîteaux, l'un des légats du pape, afin de marquer leur soumission au saint Siège. L'armée des croisés traversa le Rhône en bon ordre, et vint se concentrer à Montpellier , où elle s'arrêta pendant quelques jours. On résolut d'attaquer d'abord les terres du vicomte de Béziers, qui, étant informé de cette résolution des chevaliers de France, se rendit auprès du légat. Il passait pour un grand fauteur d'hérésie ; vainement chercha-t-il à s'excuser en jetant la faute sur ses officiers; on ne voulut point l'écouter. Le vicomte prit alors la noble résolution de défendre par les armes ses domaines. Les bourgeois de Béziers fermèrent leurs portes, réparèrent leurs tours et leurs murailles ; et le vicomte se renferma dans Carcassonne avec le dessein d'opposer la plus sanglante résistance.

L'armée des croisés était parvenue devant Béziers, la première des cités hérétiques qui s'offrait sur son passage. Les prédicateurs catholiques racontaient mille faits capables d'exciter le zèle fanatique des pèlerins. Un jour, disait-on, un prêtre gagnait son église aux approches delà nuit pour y célébrer les saints mystères; il avait son calice dans les mains, lorsque des habitants de Béziers, embusqués, le saisirent et le frappèrent avec violence, de telle manière qu'il en eut un bras cassé ; puis prenant le calice, ils firent maintes vilenies dedans. Un grand nombre de ces anecdotes religieuses racontées dans le camp des croisés réchauffaient leur ardeur, en même temps que les belles plaines de Béziers et de nobles châteaux excitaient leur ambition.

Avant d'entourer la ville par un siège régulier, les croisés firent sôfrMiier les notables bourgeois de se soumettre aux soldats de la croix; mais les habitants de Béziers répondirent qu'ils se défendraient jusqu'au dernier, la pique et l'arbalète au poing. Quelques-uns d'entre eux sortirent même des murailles, et vinrent attaquer à coups de flèches les avant-postes des pèlerins. Tout à coup les trompettes sonnent et les chevaliers prennent les armes. Les Francs avaient dans leur camp une race d'hommes du nom de Ribauds ; ceux-ci saisissent leur armure, et s'adressant à l'abbé de Cîteaux, ils dirent: « Sire abbé, que devons-nous faire en cas que nous prenions la ville par assaut, pour distinguer les catholiques des fauteurs d'hérésie? — Tuez-les tous, répondit l'abbé, Dieu connaîtra quels sont les siens ; » car il craignait, ajoute la chronique, que les hérétiques ne singeassent les vrais chrétiens pour échapper à la mort. Les Ribauds courent en toute hâte vers les murailles, en criant: Fiance! France! Les habitants de Béziers ne résistèrent que trois heures; les Ribauds escaladent les tours, se précipitent dans la ville, n'épargnent personne, ni les femmes ni les enfants; en moins de dix heures, l'antique ville de Béziers ne fut plus qu'un monceau de ruines. Le nombre des habitants qui périrent dans cette déplorable journée est infini; l'abbé de Cîteaux, dans la relation qu'il envoya au pape, déclare qu'on tua bien quinze mille âmes; les chroniques portent ce nombre jusqu'à

quarante mille. L'abbé deVaulx de Cernay, qui suivait les croisés, après avoir décrit cette grande hécatombe, s'écrie : « Et fut ladite ville prise le jour de la fête de sainte Marie Magdeleine, laquelle les hérétiques disaient avoir été la concubine du Christ. C'est juste donc, s'ils furent pris cl exterminés le jour delà fête de celle dont ils avaient tenu tant de propos indécents. »

Le bruit de cette catastrophe jeta l'épouvante dans tout le Languedoc. Narbonne se rendit à de cimes conditions ; plus de cent petits castels se soumirent: le Languedoc en était alors couvert, et partout on exigea foi el, hommage envers l'armée des pèlerins francs qui s'avança sans plus tarder devant Carcassonne. Le vicomte de Béziers y avait cherché un asile, ramassant force cavaliers et nobles hommes, décidés à défendre l'hérésie et l'indépendance du sol. Tout fut bon pour augmenter les fortifications, les murailles et les tours élevées : « Les maudits bourgeois détruisirent les réfectoires, les caves et les cellules des chanoines, et ce qui est plus exécrable, les stalles même de l'église pour fortifier leurs murailles. Les maisons des paysans hérétiques demeurèrent en leur entier, et celles des serviteurs de Dieu furent jetées à bas. » Après de furieuses attaques, Carcassonne fut obligée de se rendre aux chevaliers de France qui y firent leur entrée au milieu d'une population silencieuse et mutilée.

La conquête de Carcassonne et de Béziers dépouillait tout à fait le vicomte, et la confiscation prononcée par les bulles donnait lieu à l'élection d'un seigneur pour les terres saisies. On assembla donc le conseil des croisés, afin de pourvoir, par un choix libre, au gouvernement des terres conquises. On proposa d'abord le duc de Bourgogne: « Je n'en veux pas, répondit le duc, car je ne puis en aucune manière dépouiller un homme de noble race qu'on retient captif contre le droit. » Gustave Estienne.

(La suite au numéro prochain.)

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