FRANCE. — GIEN
( Uuc Vue de Gien. )
Le nom de Gcnabum, dont se sert César dans ses Commentaires, doit-il être appliqué à Orléans ou à Gien, deux villes du département du Loiret qui se disputent depuis des siècles la possession de ce nom de Genabum? C'était là un vaste champ pour les érudits, pour les savants de toutes les académies ; eh bien, la question n'est pas encore résolue, quelles que soient les nombreuses dissertations insérées dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, quels que soient aussi les beaux raisonnements de l'abbé Lebeuf. Ce qu'il y a de certain, c'est que la ville de Gien avait anciennement le titre de comté ; la première charte où il en est fait mention est un acte de Pépin le Bref, en 760. Vers la fin du vme siècle, Charlemagne y fit bâtir un château qui devint la propriété d'Etienne de Vermandois ; ce beau château existe encore de nos jours; il appartient à la cité, et il est devenu le siège de tous les établissements publics de l'arrondissement, de la mairie, du tribunal de première instance et de la sous-préfecture dont Gien est le chef-lieu. C'est dans ce château que furent célébrées, en 1410, les noces de la fille de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, avec le comte de Guise ; dix ans plus tard , on y signait le traité, connu sous le nom de Ligue de Gien, contre le duc de Bourgogne qui avait fait assassiner le duc d'Orléans. Charles VII, François I", Louis XIV, ont tour à tour habité le château de Gien. Quant à la ville, il y a peu de choses à en dire ; elle s'élève